Événement artistique à deux volets, Autant en emporte le vent comprend une série d'oeuvres in situ dans un champ de Saint-Casimir (sous l'intitulé Dans le clos) et une exposition au Moulin de la Chevrotière. L'organisme et collectif Pique-Nique, en collaboration avec le centre d'artistes de Québec l'OEil de Poisson, délaisse ses habituelles interventions urbaines pour intervenir sur le paysage rural.
Chaque artiste devait produire une oeuvre intérieure et une oeuvre extérieure qui se faisaient écho, explique Anne-Marie Saint-Jean Aubre, commissaire au côté de Véronique Lépine et Guillaume La Brie. Marie-Hélène Plante a fabriqué de petites soucoupes qui évoquent à la fois des coupoles et des champignons. Jacynthe Carrier présente un panneau photographique montrant un clan nomade, intemporel, devant la cicatrice béante laissée par une ligne à haute tension dans une forêt. Max-Antoine Proulx et Janick Rousseau ont laissé dans le champ le décor du tournage de la vidéo mêlant chasse et poursuite amoureuse qu'ils présentent au moulin. Mathieu Valade a écrit Times New Roman en lettres de quatre pieds, couvertes de motif de camouflage, «un discours sur le rapport nature-culture», interprète la commissaire. Giorgia Volpe fait s'envoler des avions de vinyle coloré de la fenêtre d'une grange, comme s'ils en débordaient. Patrick Bérubé a placé une petite plante dans un enclos qui irradie dangereusement le soir venu... D'ailleurs, le jardin d'installations change d'apparence selon des moments de la journée, et selon que l'on soit automobiliste ou marcheur.
Les oeuvres de Dans le clos sont installées au 65, Rapide-Sud, Saint-Casimir, jusqu'au 1er juillet. Le Moulin est situé au 105, rue de Chavigny, Deschambault-Grondines, et les oeuvres y sont exposées jusqu'au 30 septembre. Info : autantenemportelevent.com
Pendant ce temps...
Tant qu'à battre la campagne, une autre exposition, qui n'a rien à voir avec l'OEil de Poisson, débute demain à 14h à l'église de Deschambault : Que restera-t-il de nous? avec, entre autres, André Du Bois, Carole Baillargeon et le duo Doyon/Demers. L'exposition sera accessible tous les jours jusqu'au 30 septembre, de 9h30 à 17h30.
Bouturer la colonie
Un étrange corail de carton a proliféré dans la Grande galerie de l'OEil de Poisson, résultat du travail de Jeffrey Poirier. Initiant une «usine à pentagones», celui-ci a invité parents et amis à l'aider à assembler par la pointe des triangles de carton, cinq à la fois. Il a ensuite utilisé les morceaux pour créer de volumineuses structures. L'une d'elles, faite de carton brut et de ruban adhésif gris, est accrochée au mur. «C'est comme une cathédrale gothique, la structure est l'esthétique même de la chose», commente Poirier. L'autre, couverte de papier journal, de colle et de peinture blanche sur les arêtes, se déploie au sol. Inspiré par les oeuvres de Tara Donovan, Poirier joue sur les niveaux de perception, sur la notion d'unicité dans la multitude. Vues de loin, les structures sont sublimées et irradient; vues de près, elles révèlent la vraie nature du matériau qui les compose.
À voir au 580, côte d'Abraham jusqu'au 1er juillet.