Les cadavres exquis de Fanny Mesnard

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Fanny Mesnard et son tableau Deux endormis... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Fanny Mesnard et son tableau Deux endormis

Le Soleil, Erick Labbé

Josianne Desloges

Josianne Desloges, collaboration spéciale
Le Soleil

(Québec) Des animaux. Morts, mais soigneusement mis en espace, figés presque avec tendresse par la photographie puis réanimés par le geste du peintre. Après avoir présenté Roses flamants vs Grands méchants rouges à la Galerie Morgan Bridge en mars, Fanny Mesnard expose chez Guimont de toutes nouvelles toiles, regroupées sous le titre Les animeux du silence.

Des Grands singes, une série présentée dans sa France natale pour laquelle elle reçoit toujours des demandes, Fanny Mesnard est passée aux scènes de cinéma, qui lui permettent de densifier sa peinture. Puis elle est revenue aux animaux, fascinée par des photographies glanées sur le Web. «Je suis tombée sur des images très mises en scène par soit des gens qui vont à la chasse, soit des gens qui tombent sur un animal mort. La façon de prendre ces photos est très particulière, il y a vraiment une intention esthétique parce que la mort est quelque chose qui intrigue, qui arrête», explique l'artiste, férue de Riopelle, David Hockney, Peter Doig, Cecily Brown...

Natures mortes, voire constructions de land art (comme l'image qui a inspiré le superbe Faire loin, une mise en scène de corps devenu un rituel à la fin de la saison de chasse), ces images sont projetées sur les toiles vierges et guident les mouvements du pinceau. «Ça devient mon image, parce que je m'y perds, j'y vais par accumulations, en superposant des couches. L'objet qui s'éloigne de mon geste et devient autonome», raconte Fanny Mesnard. Sur les toiles achevées, les couleurs irradient, se nouent, et le résultat nous happe.

Chez Guimont, les pelages des grands animaux sont contenus dans de petits formats, alors que les oiseaux se déploient en duos, trios, et grands groupes sur d'immenses toiles, semblant parfois flotter dans l'espace, parce que l'image du prédateur qui les tenait dans sa gueule a été effacée par la peintre (Faire noir). Deux ratons, lovés dans une ombre mauve, font aussi partie de la danse funèbre (Deux endormis). Les faisans sont renommés «Faisant» par l'artiste. Chaque titre évoque un geste, un engagement. Les images sont à la fois graves et tendres, certainement marquantes.

Jusqu'au 1er juillet au 273, rue Saint-Paul, Québec. 418 692-1188

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