Arts visuels

Raymond Brousseau et John Porter: le temps long

Sur le même thème

Raymond Brousseau et John Porter, des amis de... (Photothèque Le Soleil, Steve Deschênes)

Agrandir

Raymond Brousseau et John Porter, des amis de longue date,  exposent respectivement leurs toiles et leurs photographies à la Galerie A.

Photothèque Le Soleil, Steve Deschênes

Josianne Desloges

Josianne Desloges, collaboration spéciale
Le Soleil

(Québec) Il y a quelques années, John Porter convainquait son vieil ami Raymond Brousseau d'exposer ses toiles. À 70 ans passés, le collectionneur redevenait peintre, et il n'a pas arrêté depuis. Si bien qu'il a incité le photographe qui sommeillait en John Porter à sortir à la lumière du jour. Les toiles et les photographies sont maintenant ensemble, à la Galerie A, pour une exposition baptisée Lumières et reflets.

Dans les toiles de Brousseau, surtout connu pour l'impressionnante collection d'art inuit dont il a fait don, en partie, au Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ), on retrouve les dorés et les bronzes qui faisaient rayonner les toiles de Nouveaux horizons, en 2010. Mais le gris glacial a muté en argent, des couleurs printanières sont apparues sous les aplats brillants. Des formes géométriques, aussi, immergent.

De petits tableaux, regroupés et alignés comme s'il s'agissait de variations musicales, ont fait leur apparition. «Les grands, je les travaille sur une table ou accotés au mur, mais les petits, je les tiens dans ma main, c'est une tout autre sensation», raconte M. Brousseau, à qui, visiblement, la peinture a donné un coup de jeune. Dans son atelier de l'île d'Orléans, un rouleau de toile de sept pieds de haut l'attend déjà, alors que ses toiles s'envolent une à une pour Shanghaï, Beyrouth ou Brasilia.

Ex-directeur du MNBAQ, toujours commissaire de son agrandissement et président de sa Fondation, John Porter nous avait caché qu'il faisait de la photographie depuis des années, avec un oeil artistique affiné. «Les gens sont surpris, mais ce n'est pas si loin de mon travail de muséologue et d'historien de l'art. Découvrir une composition, un traitement de la couleur, des textures, etc., ça m'est familier. Donc en regardant un espace, je vois tout de suite un tableau.»

Parmi les dizaines de milliers de clichés (!) pris au fil des années, il en a sélectionné une vingtaine prise en France et au Québec pour faire écho aux toiles de son ami. «Nous avons vraiment une osmose. On peut retrouver les mêmes sensibilités. Autant on va trouver des référents qui créent un certain confort chez le visiteur, autant on va retrouver des espaces purs de formes, de couleurs, d'atmosphères», analyse-t-il.

Les titres et les points de vue choisis nous renvoient souvent à des peintres ou des compositeurs, si bien que les toiles ont une aura romantique, où le drame laisse place à une profonde sérénité. John Porter, lui, parle d'une «recherche du temps long».

«Ce sont des instants qui ont été saisis et auxquels on donne une forme d'éternité. Je les vois et je voyage. Cette recherche du temps long est en réaction avec notre cadre de vie, puisqu'on travaille tous les deux [Brousseau et lui] beaucoup et avec une grande intensité. Je ne vivrais pas de la photographie, mais d'une certaine façon, la photographie me fait vivre», explique M. Porter.

«Lumières et reflets» à la Galerie A, 39, rue Saint-Louis, Québec, jusqu'au 29 juillet

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer