Michel Tremblay: une exposition surtout destinée aux jeunes

De gauche à droite, les artisans de l'installation... (Le Soleil, Patrice Laroche)

Agrandir

De gauche à droite, les artisans de l'installation multimédia sur Michel Tremblay au Musée de la civilisation : Raymond Saint-Jean, Anne-Séguin Poirier, Jimmy Lakatos et Lise Bertrand

Le Soleil, Patrice Laroche

Didier Fessou
Le Soleil

(Québec) Vingt-huit pièces de théâtre, vingt-deux romans, quatre récits autobiographiques, un recueil de contes, sept scénarios pour le cinéma et la télévision, trente-neuf traductions ou adaptations d'oeuvres d'auteurs étrangers, un livret d'opéra, deux comédies musicales et les paroles d'une douzaine de chansons.

Pourtant, selon Jimmy Lakatos, cette oeuvre est incomplète: «Moi, je rêve de son cinquième récit autobiographique qui parlerait de son rapport avec tous ceux qui ont travaillé à construire son imaginaire. Ce serait une autobiographie de confidences. C'est ça, selon moi, qui viendrait mettre le point final à son oeuvre.»

Jimmy Lakatos est un scéno-vidéographe qui a participé à la réalisation de l'installation multimédia sur l'univers de Michel Tremblay au Musée de la civilisation. Une production audio-vidéo d'une durée de deux heures et demie.

Rencontre avec Jimmy Lakatos et l'autre réalisateur de cet événement, Raymond Saint-Jean. La conceptrice de cet événement, Lise Bertrand, était présente.

Q Pourquoi Michel Tremblay pour inaugurer la série Hommage aux grands créateurs?

Lise Bertrand (LB) : Michel Tremblay avait collaboré avec nous pour l'exposition Objets en quête d'auteurs il y a plusieurs années. C'est à ce moment-là que l'idée est venue à la chargée de projet, Cécile Ouellet, de faire quelque chose sur lui. Cécile a pris sa retraite et j'ai hérité du projet.

Q Quels défis avez-vous dû affronter?

LB : Le défi, c'était qu'il n'y avait pas d'objets à montrer. Cette exposition sur Michel Tremblay est une exposition immatérielle. J'avais déjà relevé un tel défi lorsque j'avais fait une exposition sur l'origine de la musique populaire. Cela avait eu beaucoup de succès. On a alors pris conscience à quel point c'est important de mettre en valeur le patrimoine immatériel.

Q La musique, il suffit de l'écouter.

LB : C'est la même chose avec Michel Tremblay. On a des textes, des extraits d'archives, des pièces de théâtre. Cette année, Michel Tremblay fêtera ses 70 ans. C'est une bonne façon de souligner son anniversaire et d'embarquer dans l'année Tremblay. On s'est dit qu'en faisant du multimédia, on va peut-être réussir à rejoindre les jeunes.

Q L'univers de Michel Tremblay, c'est Montréal et non le Québec. Pensez-vous que le public d'ici s'identifie à lui?

LB : Ses grands-parents venaient de Charlevoix. Moi, personnellement, je me reconnais en lui.

Raymond Saint-Jean (RSJ) : Ce qu'on a essayé de faire, c'est montrer le parcours de vie d'un enfant qui voulait raconter son histoire à travers son imaginaire. Des enfants et des ados peuvent en tirer quelque chose. Quel que soit l'endroit où on est né, on peut aller au-delà. André Brassard a dit que le pari de Michel Tremblay, c'était de montrer qu'on n'est jamais aussi universel que lorsqu'on est local.

Jimmy Lakatos (JL) : Michel Tremblay est un citadin et ce qu'il évoque dans son oeuvre, c'est son expérience de la ville dans les années 50. Que cette ville soit Montréal, Québec ou New York, c'est la même chose.

RSJ : Le désir de la campagne existe dans son oeuvre, mais c'est un rêve. Il aurait été incapable d'y aller.

LB : Tout ça, c'est idéalisé. Je ne vois pas Michel Tremblay aller vivre à la campagne.

JL : Ce qui est important, c'est l'imaginaire de la Main. Lui, il vivait sur le Plateau. Enfant, il a imaginé la Main. Son imaginaire était immensément grand, sa sensibilité était extrêmement spéciale. C'est ce que nous avons essayé de traduire.

RSJ : On montre l'évolution de Michel Tremblay dans sa vie et à travers son oeuvre. Et on voit l'évolution de sa langue.

Q Quelle est la place de Michel Tremblay dans la littérature québécoise?

JL : Je ne lis pas beaucoup de littérature québécoise. Il y a un an, je n'avais jamais lu Michel Tremblay. Quand j'ai commencé à entrer dans son travail, je suis tombé en amour avec lui. Michel Tremblay est un rebelle, il est allé jusqu'au bout de ses idées. Ce qui m'a le plus fasciné dans son oeuvre, c'est sa constance. C'est le seul auteur qui tous les jours fait avancer ses personnages et qui au bout de 40 ans a fait une galerie de personnages.

Q On retrouve ça chez d'autres auteurs, notamment chez Victor-Lévy Beaulieu.

RSJ : Vous avez raison, on retrouve ça chez VLB.

LB : Ce qui est important chez Michel Tremblay, c'est l'utilisation du joual. Ç'a été comme une bombe avec Les Belles-Soeurs. Avant lui, il y a eu Marcel Dubé et Gratien Gélinas. Michel Tremblay a continué à faire la même chose.

RSJ : Jimmy et moi, on est des concepteurs multimédias. On a approché le sujet comme des documentaristes.

JL : Ça nous a pris un an à temps plein. On est entré dans l'univers de Michel Tremblay et moi, je vis encore dans cet univers.

Q Quelle est la place de Michel Tremblay dans l'imaginaire québécois?

JL : Michel Tremblay a utilisé le joual parce que c'était la langue qui était utilisée chez les ouvriers. Cet univers ne pouvait pas être traduit dans un français normatif.

RSJ : Il a admis que son joual était un langage réinventé. André Brassard a dit qu'avant, Michel Tremblay travaillait sur le malheur. Aujourd'hui, il travaille sur le bonheur. Il s'est libéré en sortant du théâtre et en entrant dans l'univers romanesque.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer