(Québec) L'engouement du public pour Birds of America, la spectaculaire encyclopédie format géant de John James Audubon que le Musée de la civilisation a brièvement sorti au grand jour l'an dernier, pousse l'institution à tenter une nouvelle expérience. À compter de jeudi et jusqu'à dimanche, les visiteurs auront le privilège de poser leur regard sur une douzaine de trésors tirés du Fonds du Séminaire de Québec.
Rares et précieux: ces livres qui ont nommé le monde, 1400-1800 met en parallèle quatre siècles de découvertes scientifiques et de rêves éveillés. Ces ouvrages anciens dont les pages ne peuvent tolérer bien longtemps la lumière n'ont peut-être pas la renommée de Birds of America, mais chacun rend compte d'une manière originale de l'insatiable curiosité du genre humain, de sa soif de connaissances et de son goût pour l'exploration.
Pour préparer l'exposition, la documentaliste Pierrette Lafond a eu la délicate mission de choisir entre quelque 180 000 titres faisant partie de la bibliothèque du Musée de la civilisation. La sélection témoigne avec éloquence de la valeur patrimoniale de ce fonds. Son importance a d'ailleurs été reconnue par l'Unesco en 2007.
Clin d'oeil évident à Audubon, le Birds of Paradise du naturaliste Daniel Giraud Elliot en met plein la vue avec ses 37 planches en couleurs représentant des spécimens d'oiseaux exotiques flamboyants. Plus ancien, l'atlas de Willem Janszoon Bleau décoré d'une foule d'éléments iconographiques caractéristiques de l'époque baroque se révèle d'une grande richesse iconographique.
On constate très tôt dans l'histoire qu'à défaut de comprendre les mystères du monde qui les entoure, certains auteurs ont laissé libre cours à leur imagination. Au IIe siècle de notre ère, dans Luciani De ueris narrationibus, le Grec Lucien de Samosate invite son lecteur à le suivre dans un voyage sur la lune. Du coup, il invente la science-fiction. Ce n'est pas sans raison qu'à côté de l'exemplaire de son bouquin publié en 1497, on a posé une édition de 1872 de De la terre à la lune de Jules Verne.
Au-delà de leur contenu, certains livres ont gardé les marques tangibles de leur vécu. Le dictionnaire français-iroquois manuscrit rédigé par les missionnaires jésuites, une pièce unique des années 1660, montre les signes d'une utilisation soutenue. Une carte de Québec réalisée vers 1750 sur une peau de cochon n'a également rien de banal.
Le minisite Web du Musée de la civilisation (www.mcq.org/rares) donne un excellent aperçu de l'exposition. Sur place, des séances d'une trentaine de minutes seront organisées entre 11h et 16h de jeudi jusqu'à dimanche. Un maximum de 25 personnes à la fois peuvent y prendre part. On suggère donc de planifier sa visite à l'avance. Tél.: 418 643-2158, 800 710-8031