Pour la designer de Québec Marie Dooley, cette première collaboration avec une institution muséale s'est avérée être une «expérience enrichissante et inspirante».
«C'est une grande fierté d'exposer au Musée!» lance-t-elle en entrevue. «Dès le départ, j'ai été enthousiasmée par le projet et surtout par le tableau qui a retenu mon attention.» Il s'agit en fait d'une toile d'Adam Sheriff-Scott datant de 1938.
«J'ai voulu conserver l'ambiance de l'image et la dominance du vert, qui est une belle couleur pour une robe de soirée, mais peu souvent utilisée par les couturiers. On imagine que la femme de la toile s'est mise belle pour une sortie et qu'elle se sent élégante, même si sa pose est rigide.»
Faite de taffetas vert et de pierres de Swarovski, la création de Marie Dooley rappelle un modèle qu'elle avait déjà présenté dans sa collection de robes pour la mariée, en version blanche toutefois.
Créations exclusives
C'est également une première pour Christiane Garant de la griffe Myco Anna. Fort heureuse d'avoir été sélectionnée par la direction du MNBAQ, elle a pris le projet au sérieux, alors qu'elle et son équipe ont mis plus de 1Â00 heures à confectionner le patron et le modèle de kimono asiatique coloré, dont les patchworks taillés en bandes réfèrent à la signature de la griffe écolo de Québec.
«Nous avons travaillé avec des brocarts issus de balances commerciales. Ce sont des matières délicates et le patron était complexe, ce qui explique le temps alloué à la création», dit-elle, ajoutant qu'elle pense peut-être produire une série de kimonos dans sa prochaine collection si sa clientèle lui en fait la demande.
Les autres créateurs invités à créer un vêtement sont Christian Chenail (Muse), Michel Desjardins, Philippe Dubuc, Yves Jean Lacasse (Envers), Jean-François Morissette et Marie Saint Pierre.
Démonstration d'élégance
Au-delà des créations vestimentaires qui y sont présentées, cette nouvelle exposition vise à démontrer que l'art québécois de cette époque présentait des tenues sophistiquées et élaborées, et que les habitants de cette époque n'étaient pas toujours vêtus «à l'ancienne». Par sa collection de 132 tableaux, dessins et catalogues de grands magasins produits entre 1880 et 1945, l'exposition fait découvrir au public plusieurs thèmes reliés à l'élégance, qui est tantôt vue à la ville, dans les grands magasins, mais aussi à la campagne.
L'exposition Mode et apparence dans l'art québécois: 1880-1945 sera présentée du 9 février au 6  mai au Musée national des beaux-arts du Québec.