Les visiteurs peuvent marcher et s'asseoir sur les livres, comme l'a rapporté Le Soleil samedi.
«Je ne savais pas l'utilisation que les Jardins allaient en faire», explique le directeur général de la commission scolaire des Phares, Jacques Poirier, qui a investi 80 000 $ à la fin juin pour l'achat de nouveaux livres. Je peux difficilement me prononcer sur l'exposition parce que je ne l'ai pas vue, mais je trouve ça désolant de faire du mépris des livres comme ça.»
Il insiste pour dire que le message voulant que les livres soient dépassés ne rejoint pas du tout la position de son organisme. À preuve, il souligne que la commission scolaire des Phares a gagné un prix d'excellence au sein de la Fédération des commissions scolaires pour la promotion de la lecture. Quatre écoles de la même commission scolaire ont également été primées pour l'importance qu'elles accordent à la lecture.
Les antagonistes
«Y aurait-il eu meilleure fin pour ces livres? se demande le directeur général du Salon du livre de Rimouski, Robin Doucet. Le pilonnage, la récupération, partir pour un pays sous-développé francophone et lointain, allumer un feu, mettre au niveau un meuble bancal...»
«En tant qu'écrivaine, je trouve ça désolant de voir que la vision des créateurs ne semble pas considérer l'importance des imprimés qui, depuis longtemps, ont été un symbole de connaissance comme l'électronique ne pourra jamais le faire», estime l'écrivaine et vice-présidente du Regroupement des auteurs de la Gaspésie, Anick Fortin.
Des protagonistes
Certains autres experts sont tout à fait favorables à cette installation. «Le but du jardin ne m'apparaît pas être irrespectueux du livre, nuance la directrice générale de l'Association des libraires du Québec, Lise Desrochers. Au contraire, après avoir été le médium d'un transfert de connaissances et de savoir, il retourne à la terre pour la nourrir et faire en sorte que d'autres livres soient publiés.»
La conseillère en communication et spécialiste des médias sociaux Nadia Seraiocco, qui coécrit actuellement un livre sur les médias sociaux avec la spécialiste bien connue en la matière Michelle Blanc, en pense tout autant. «Je ne suis pas choquée et j'aime beaucoup l'idée que le livre, qui a été fait à partir des arbres, retourne à la terre pour y connaître littéralement une nouvelle vie», allègue Mme Seraiocco.
Elle ajoute : «La gêne qu'ont les gens de voir cet objet être volontairement détérioré prouve bien que le livre est encore important à nos yeux et que même avec sa contrepartie électronique, nous aimons encore le symbole...»