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Les derniers tableaux de Paul Béliveau mettent en... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Les derniers tableaux de Paul Béliveau mettent en scène des livres fictifs sur Warhol, Picasso, Modigliani ou Dali. «Je suis venu à l'art par les livres, fait remarquer l'artiste. J'ai fait mes premiers tableaux en représentant des oeuvres de Rubens copiées dans la série Time Life.»

Le Soleil, Erick Labbé

Nathalie Côté, collaboration spéciale
Le Soleil

(Québec) La galerie Bellattitude présente un survol subs­tantiel des 12 dernières années de la production picturale de Paul Béliveau. L'exposition était attendue et nous fait redécouvrir et découvrir la peinture de cet artiste qui persiste et signe.

La galerie est l'endroit parfait pour le retour de Paul Béliveau à Québec. Il y présente plusieurs tableaux provenant de diverses séries qui ont rythmé sa production : Les vies parallèles, du début des années 2000, Les déplacements à la fin des années 90, jusqu'aux plus récents tableaux de la série Les rencontres. Ses oeuvres sont toujours aussi patiemment peintes. Peut-être qu'el­­les le sont maintenant avec encore plus d'assurance et de liberté. «Avec plus de candeur et de plaisir», dira celui qui aime les idées et qui cultive le choc des images.

Paul Béliveau travaille sans arrêt depuis le début des années 2000, produisant des tableaux pour des galeries d'art de New York, de Boston, de Vancouver, de Londres et de Montréal. Il n'est cependant jamais très loin, toujours au travail dans son atelier au centre-ville de Québec, où il travaille avec une équipe de trois collaborateurs. S'il n'a jamais enseigné en 24 ans de pratique, il découvre actuellement le plaisir à transmettre sa technique.

Les derniers tableaux «tout juste sortis du four» mettent en scène des livres sur Warhol, Picasso, Modigliani ou Dali : autant d'artistes dont la seule évocation des noms produit un effet. Ces livres sont aussi pour Béliveau le prétexte à un travail technique élaboré sur les couleurs fran­ches, les lignes droites. Comme toujours, on retrouve le plaisir de la représentation, voire parfois celui du trompe-l'oeil. Ses images séduisent toujours autant. «Je ne m'en suis jamais caché!» dira celui qui assume le caractère séduisant de sa peinture. Ses tableaux sont d'une beauté classique, parfois presque austère; sa peinture est sans éclaboussure ni débordement. La profondeur de ses tableaux loge dans le savoir (sinon le prestige) qu'évoquent les livres qui sont représentés.

«Je suis venu à l'art par les livres, se rappelle-t-il. J'ai fait mes premiers tableaux en représentant des oeuvres de Rubens copiées dans la série Time Life.» Comme les peintres parisiens du XIXe siècle allaient, pour leur apprentissage, reproduire les tableaux des grands maîtres au Louvre. Les livres que Paul Béliveau met maintenant en scène sont pour la plupart inventés de toutes pièces. Ils sont des condensés de lettres, d'images, de mots. «Ce sont des hommages, explique-t-il. Ça a toujours été ça. J'aime faire revenir les artistes comme des fantômes.»

Paul Béliveau. Oeuvres sélectionnées, 1996-2008. Galerie Bellattitude, 529, rue Saint-Joseph Est, jusqu'au 26 octobre.

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