Tire le coyote: les grands espaces

Tire le coyote, alias Benoit Pinette... (Le Soleil, Jocelyn Bernier)

Agrandir

Tire le coyote, alias Benoit Pinette

Le Soleil, Jocelyn Bernier

Partager

Sur le même thème

(Québec) Tire le coyote prend son surnom au mot et transpose son second album dans l'univers du western sale et désertique. Benoit Pinette, qui ne s'éloigne pas du country-folk pour autant, est parvenu à ses idées de grandeur en enregistrant dans l'ancienne église Notre-Dame-de-Jacques-Cartier, dans Saint-Roch.

Grand fan d'Ennio Morricone et de ses westerns «terreux et sales», Tire le coyote a eu envie que son nouvel opus «goûte plus le sable, qu'il aille chercher des sonorités où on sent l'espace». Pas pour rien qu'il pose au beau milieu d'une dune de sable sur sa pochette.

Son premier album, Le fleuve en huile, lui avait valu un succès critique en 2011, en plus d'être nommé dans la catégorie du meilleur disque country au gala de l'ADISQ ainsi qu'au GAMIQ. Ceci dit, Benoit Pinette n'a pas «pantoute» souffert du syndrome du deuxième album difficile à accoucher, bien au contraire.

«J'aborde chacun des albums différemment. À quelque part, c'est comme si c'était un nouveau projet», exprime le musicien installé à Québec depuis une dizaine d'années.

Est venue par la suite la volonté d'enregistrer dans une église, pour avoir «l'impression que l'écho ne finit jamais, que c'est grand et ça résonne», glisse-t-il. L'Espace Hypérion, aménagé dans l'ancienne église Notre-Dame-de-Jacques-Cartier, s'est alors imposé. «La beauté de cet endroit-là, c'est qu'à l'intérieur, c'est tout en bois. Ce qui fait que t'as pas l'écho d'une cathédrale avec le plancher en ciment, le son ne rebondit pas d'un bord pis de l'autre.»

La réverbération a été l'une des obsessions de Benoit Pinette pour cet album, puisqu'il voulait cette fois miser sur sa voix et ses textes. «Sur l'autre album, j'avais fait [avec Dany Placard] ce qu'on voulait faire, mais j'avais mixé la voix un peu plus basse, on se servait de plus d'instruments, on ne comprenait pas toutes les paroles», explique-t-il.

Le «feeling» de l'église

Benoit Pinette a choisi de réaliser son deuxième effort, parce qu'il était «rendu là», mais aussi pour des raisons économiques. «J'ai mis plus de budget sur le preneur de son que le réalisateur», résume-t-il, en parlant des contraintes que commandait l'enregistrement dans une église.

La session d'enregistrement a au final influencé le choix des chansons logées sur le disque. «Je ne suis pas très ésotérique et spirituel, mais on se sent dans un mood dans une église. On avait une église à nous autres tout seuls. On regardait autour, c'était grand, c'était beau. C'est pour ça que les tounes les plus lentes, on dirait qu'il y avait un feeling supplémentaire», décrit-il.

Relations humaines

Tire le coyote ne tire pas sur tout ce qui bouge, lorsqu'il est question de compositions. Depuis son EP en 2010, il a toujours voulu garder le cap sur les relations humaines. Sur Mitan, il chante essentiellement à propos de l'amour et la mort, deux thèmes aux antipodes l'un de l'autre. En apparence, du moins.

«Dans les tounes qui parlent d'amour, il y a toujours une certaine notion de mort au sens figuré, de dire : "C'est une chanson d'amour, mais fais attention, ça peut se terminer". Et dans les tounes de mort, il y a toujours une notion d'amour.»

Il fait notamment référence à sa pièce L'âge d'or vaut rien, dans laquelle il se met dans la peau d'un vieillard en perte d'autonomie qui vient de perdre sa femme avec il a passé toute sa vie.

Benoit Pinette n'a pas voulu s'aventurer dans les chansons engagées socialement, bien qu'il s'y est adonné sur Internet dans les derniers mois. Dans la foulée du conflit étudiant, il avait mis en ligne sur son Bandcamp la chanson Québec loi 78, et lors de la fête du Canada, une relecture «indépendantiste» du classique de Woody Guthrie, This Land Is Your Land. «Ç'a été fait spontanément. Je n'ai pas réfléchi à ce que ça pouvait donner. On m'en parle encore, donc au fond, c'est bon signe. Je ne suis vraiment pas fermé à les réenregistrer et à en faire d'autres. Faut juste trouver la manière de bien rendre ça.»

Vous voulez y aller?

QUOI : lancement de Mitan

QUI : Tire le coyote

OÙ : Cercle, 228, rue Saint-Joseph Est

QUAND : demain, dès 17h

ENTRÉE : gratuite

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer