Québec dort, CEA danse!

Bob Bouchard, Bigg Lou et Marième, de CEA... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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Bob Bouchard, Bigg Lou et Marième, de CEA

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

Geneviève Bouchard
Le Soleil

(Québec) Une déclaration d'amour à la ville doublée d'un hommage à Robert Charlebois, un clin d'oeil disco au répertoire d'Anita Ward et un autre plus subtil à Pink Floyd... Quand Québec s'endort, ce n'est pas l'action qui manque dans l'univers festif de CEA!

Juste à temps pour l'été, le collectif de la capitale lance un EP fait sur mesure pour les pistes de danse et justement très bien nommé Quand Québec s'endort. Marième, Bigg Lou, Karim Ouellet, Bob Bouchard et leurs complices musicaux y gravent une collection de six pièces bien tassées, où se déploie un joyeux mélange de funk, de dancehall, de reggae et de hip-hop. Encore une fois, CEA, qui célébrera l'année prochaine son 10e anniversaire, ne se gêne pas pour multiplier les rythmes et les influences.

Comme locomotive au projet, une réinterprétation résolument urbaine du classique de Robert Charlebois Les ailes d'un ange... Sous les bons soins de CEA, la célèbre chanson est complètement réinventée: le refrain reste, mais les couplets donnent l'occasion aux artistes de rapper leur attachement à la Vieille Capitale: «Québec t'es ma ville, Québec, t'es belle, j't'aime!»

«On se plaît à dire que c'est la seule autre version de la chanson qui a été endisquée. On est très fiers, surtout que c'est une version très personnelle», se réjouit Bigg Lou, qui dit avoir senti une certaine réticence, au début, chez l'auteur du célèbre «1, 2, 3, 4, 5, 6, 7... Québec!».

«Mais quand il l'a entendue, j'ai eu le feeling qu'il a trouvé qu'on donnait une deuxième vie à la chanson, ajoute-t-il. Qu'on le veuille ou pas, les jeunes de 15 ans n'écoutent pas nécessairement ce genre de musique. Sous la forme qu'on l'a refaite, ça devient accessible à une nouvelle génération.»

Ceux qui ont assisté au spectacle Le mur du son, présenté en 2010 à l'occasion du 402e anniversaire de la ville, reconnaîtront l'hommage à Québec créé pour l'occasion. CEA a même pu utiliser l'enregistrement qui en avait été fait pour donner du relief à la version studio. Les ailes d'un ange résonnera une nouvelle fois dans la capitale ce soir, pendant le spectacle de la fête nationale au parc de la Francophonie. Et le groupe ne cache pas son impatience d'entendre le public chanter le refrain avec lui... Gageons aussi qu'elle sera de la fête le 5 juillet, pour lancer le Festival d'été à la place D'Youville: c'est le nom de Marième qui est inscrit sur le programme, mais ses collègues de CEA ne sont jamais bien loin!

Le disco de Marième

Robert Charlebois n'est pas le seul à goûter au traitement CEA sur Quand Québec s'endort. Marième se la joue disco en revisitant, en français, le succès Ring My Bell d'Anita Ward. «J't'ai pas sonné», chante-t-elle au gars collant qui l'importune dans un bar. Pour la chanteuse, il s'agit de la suite logique de l'album solo qu'elle a fait paraître en 2011 et où elle s'appropriait des pièces marquantes du répertoire francophone, de Jean-Pierre Ferland à Marjo en passant par France Gall et Françoise Hardy.

«Anita Ward est une reine du disco. J'avais beaucoup de chansons françaises sur mon album et j'ai voulu jouer un peu avec l'aspect disco afro, qui n'est jamais très loin pour moi», explique Marième.

«Le funk et le reggae ont toujours été des pôles d'influence pour nous, ajoute Bigg Lou. Au début, on aurait aimé avoir accès à ce catalogue-là, mais pour des questions de notoriété, de maison de disques, on ne pouvait pas. Les groupes hip-hop américains, ça fait des années qu'ils fouillent dans ce catalogue pour faire des échantillons. L'album de Marième a ouvert beaucoup de portes. Là, on se fait plaisir!»

Bizness Boys se permet de son côté une allusion à Money de Pink Floyd en mettant sa célèbre caisse enregistreuse au service d'un texte satirique. «Souvent, aux États-Unis ou en France, ils vont faire l'apologie de l'argent et du bling-bling, analyse Lou. C'était une manière très ironique, très humoristique d'en parler. C'est à petite échelle. C'est pour ça qu'on dit Bizness Boys et non Bizness Men

Rester actuels

Si CEA présente ces jours-ci un EP plutôt qu'un album «complet», c'est que le collectif dit apprécier le format, qui lui permet d'éviter «le remplissage» et de rester plus visible de ses fans. «On voulait que ce soit le portrait d'une période, note Bigg Lou. CEA, c'est tellement éclectique comme musique. Ça aide à rester actuels sans diluer le contenu. On préfère en sortir moins, mais s'assurer que chaque chanson est un 10/10.»

Un autre minialbum de CEA devrait être lancé à l'automne. Et on pourrait aussi avoir avant longtemps des nouvelles de Marième en solo... D'ici là, en plus de la fête nationale et du Festival d'été, le groupe se produira aux Journées d'Afrique, le 22 juillet.

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