«Aller acheter son propre album au magasin, ça porte bonheur!» lance en rigolant la jeune artiste, dont le dernier CD, Un moment ma folie, remonte à 2006.
Pourtant, l'inspiration n'a pas manqué ces dernières années. C'est plutôt le contexte qui s'est montré défavorable à l'artiste, qui a vécu de grands changements au sein de son entourage de création : nouvelle étiquette, nouveau gérant, nouveaux collaborateurs.
«La maison avec qui j'étais s'est restructurée. Ça faisait huit ans que j'avais la même équipe et finalement, on est partis chacun de notre côté. Je me suis retrouvée vraiment toute seule : je n'avais plus d'agent, plus de gérant, plus de producteur, plus d'éditeur... Pour un artiste, l'équipe, c'est très important. Il a fallu que je m'en reconstruise une», note la chanteuse, qui lance ce troisième album chez les Disques Artic.
Si son oeuvre personnelle a un peu été mise en veilleuse, la musicienne ne s'est jamais éclipsée. Des projets parallèles lui ont permis de continuer de gagner sa vie la guitare à la main : depuis trois ans, elle accompagne son compatriote beauceron Maxime Landry sur les planches. Elle a aussi pris part à la tournée et à l'album Toutes les filles, avec Catherine Durand, Sylvie Paquette et Marie-Annick Lépine, notamment. N'empêche... Il tardait à Amélie Veille de renouer avec ses compositions et son public.
«Ça fait longtemps que j'y pense à ce disque-là, confie-t-elle. Le dernier est sorti en 2006 et dès 2007, je pensais au prochain. Je l'ai rêvé longtemps!»
Amour et sérénité
Un sentiment de sérénité se dégage de ce nouvel album d'Amélie Veille, qui a reçu un coup de pouce d'Éric Goulet à la réalisation. On y retrouve bien un peu de doute, mais la majorité des pièces nous parlent d'amour ou de désir, de paix savourée et de bonheur apprivoisé.
«C'était vraiment important pour moi de faire un album qui soit empreint de joie de vivre, assure-t-elle. J'avais montré sur les deux autres disques un côté plus mélancolique. À ce moment-ci, j'avais besoin d'aller ailleurs. J'avais un bon choix de chansons et j'en ai éliminé plusieurs qui étaient très belles, mais plus tristes. Je voulais aller dans une direction plus ensoleillée.»
L'auteure-compositrice-interprète se plaît à nous raconter des histoires, en se glissant naïvement dans la peau d'une ado amoureuse de son prof, par exemple. Elle rend hommage à Pauline Julien et à Gérald Godin dans un texte cosigné par Alexandre Belliard et inspiré du livre La renarde et le mal peigné, recueil de lettres échangées par les amoureux. La chanteuse reprend aussi la pièce Mon coeur pour te garder, popularisée en 1977 par Noëlle Cordier.
«C'est une chanson que j'aime depuis l'enfance, explique-t-elle. Même si l'air est plutôt léger, les paroles sont très profondes. C'est vraiment l'échec du matériel. Un jour, tu te réveilles et tu perds tout ce que tu croyais essentiel. Qu'est-ce que tu fais? Tout ce qui te reste, c'est toi, ton coeur, ta force, tes rêves... Le sujet est tellement beau et toujours actuel.»
Comme la tournée de Maxime Landry se poursuivra pendant plusieurs mois, Amélie Veille aura un casse-tête d'agenda à gérer au moment de se lancer dans ses propres spectacles. «Je vais glisser ma tournée dans la sienne, laisse-t-elle entendre. Je pense que je vais avoir une vie assez occupée dans la prochaine année! On va trouver une façon de concilier tout ce bonheur-là ensemble!»
La critique de l'album Mon coeur pour te garder sera publiée dans Le Soleil de samedi.