«Oh mon Dieu, je suis profondément désolée de vous avoir offensé. Et je déteste tous mes péchés, car je redoute la perte du paradis et la souffrance de l'enfer. Mais plus que tout, parce que je vous aime et je veux désespérément être bonne.»
C'est avec cette prière, intitulée Act of Contrition, que s'amorce MDNA, ainsi que le deuxième extrait de l'album, Girl Gone Wild. L'ouverture a beau être prometteuse, avec son clin d'oeil à Like a Prayer, on déchante rapidement. Cette chanson dance n'a rien de très accrocheur ou de mémorable. Et elle met maladroitement la table pour ce qui s'en vient...
Renouant avec le complice William Orbit, tout en s'attirant les services d'une brochette de réalisateurs, dont les frères Benassi et Martin Solveig, Madonna a ficelé des airs qui visent les pistes de danse en mode électro, sans renier la pop qui l'a fait connaître. Fait intéressant, à travers ce registre dansant, la Madone se confie comme rarement, conférant à son répertoire une humanité certaine.
Divorce
Il ne faut pas se fier au titre racoleur de la deuxième piste, Gang bang. Pièce décapante et violente, avec ses références au classique Bang Bang, elle met de l'avant une Madonna qui récite plus qu'elle ne chante et qui fait monter la tension avec ses «bang bang/shot you dead/shot my lover in the head». Le tout culmine, bruits de pistolet à l'appui avec un «Drive bitch! And while you're at it, die bitch!» Rien de ce qu'a fait la Madone jusqu'à maintenant ne ressemble à ça. C'est assurément ici que démarre ce MDNA. Et c'est aussi ici qu'on a les premiers indices du contenu personnel de cette production, où il est question à quelques reprises de l'échec de son mariage avec Guy Ritchie.
La Madone revient de manière plus explicite sur son divorce et apparaît même vulnérable sur I Don't Give A. Avec un débit à la frontière du hip-hop, elle fait l'inventaire de son quotidien, assurant qu'elle va bien et qu'elle se balance de ce que les gens disent. Mais à mi-course, elle lance à son ex: «I tried to be a good girl/I tried to be your wife/I diminished myself/And I swallowed my light/I tried to become all/That you expect of me/And if I was a failure/I don't give a ...»
Quelques bémols
À sa sortie, le simple Give Me All Your Luvin' apparaissait léger dans tous les sens du terme. Or, remis dans le contexte de MDNA, il joue un rôle intéressant: il fait contrepoids aux titres électros parfois sombres et apporte une dose de fraîcheur.
Impossible de passer sous silence qu'il y a cependant des baisses de régime çà et là. Quand, du haut de ses 53 ans, la Madone lance des «je suis une pécheresse, j'aime ça ainsi», ça commence à sentir le réchauffé, voire à devenir moins crédible qu'à une certaine époque, quoique, à voir le nouveau clip de Girl Gone Wild, elle sait encore se faire sulfureuse... Par ailleurs, la mièvre superstar a de quoi laisser n'importe quel fan sur sa faim, avec ses paroles insipides et sa musique qui cherche à séduire à tout prix.
La fin de l'enregistrement fait place à une composition tirée du film W.E., où Madonna rappelle qu'elle peut être une excellente interprète.
Au jeu des comparaisons, MDNA sort gagnant lorsqu'on l'oppose aux récentes offrandes de Lady Gaga ou de Britney Spears. L'album parvient à la fois à afficher une cohérence, de la personnalité et même une certaine dose d'originalité et de profondeur. Voilà qui fait oublier Hard Candy et qui rappelle que Madonna est encore reine de la pop.
*** 1/2 Madonna, MDNA, Interscope/Live Nation