«Le défi, ç'a été de trouver le temps de faire mes trucs», admet le multi-instrumentiste, qui assume le rôle de batteur pour la formation Galaxie. En discutant avec d'autres auteurs-compositeurs, il a bien vu que nombre d'entre eux s'offraient une pause création quand venait le temps de pondre un album. Pierre Fortin, lui, avait un agenda trop chargé pour se permettre ce «luxe»...
«Je pouvais passer la fin de semaine avec Galaxie et revenir le lundi matin en studio, raconte-t-il. C'était vraiment ça, la difficulté. Il y avait vraiment un clash d'énergies et d'ambiances.»
Il n'était pas seul à vivre l'opposition entre l'électro-rock dansant gravé sur l'album Tigre et diesel et le folk, lui aussi teinté d'électro, mais infiniment plus intimiste de ce qui allait devenir Mécanique d'hiver. Le collègue de Galaxie Olivier Langevin l'a épaulé à la réalisation de cet album, qui n'a pas, non plus, grand-chose en commun avec le travail résolument rock effectué par Pierre Fortin au sein des Dales Hawerchuk.
Disque différent
«J'écoute beaucoup de folk, de country, des choses très tranquilles, explique-t-il. Naturellement, je composais comme ça. Quand je suis arrivé en studio avec Olivier [Langevin], j'avais des tounes plus rock qui se rapprochaient de Galaxie ou des Dales, et on a décidé de les enlever. On trouvait ça plus intéressant de faire un disque différent.»
S'il signe ici un album solo, Pierre Fortin est sans contredit un gars de gang. Pour l'enregistrement de ses compositions, il s'est tourné vers des visages connus. Dan Thouin et Myëlle, qui collaborent également avec Galaxie, ont saisi leurs instruments, tout comme Olivier Langevin. Pour le reste, l'auteur-compositeur-interprète a pas mal tout fait seul, profitant des mois moins occupés de la saison froide pour écrire des chansons introspectives aux thèmes plutôt sombres. Il dit avoir été inspiré par la grisaille du début de l'hiver, une période propice aux remises en question.
«C'est comme si le roulement de notre moral suivait la température, illustre-t-il. Moi, ce sont les clashs dans la vie qui me font écrire, plus que de dire que je suis en tournée avec Galaxie et que c'est le party. Ça fait sept ans qu'on fait des disques de rock. Le party, on en a parlé en masse. Mais il y a aussi de l'espoir dans mes textes... Il y a du sombre, mais il y a aussi de la lumière!»