Daran: en studio comme en famille

(Montréal) «OK les gars! On fait semblant qu'il y a une bonne ambiance pendant une heure ou deux, tant qu'il y a de la presse!» À notre arrivée au studio Masterkut, fin octobre, Daran a lancé à la blague cette consigne à son équipe. Après avoir passé un petit moment avec eux, on s'est rendu à l'évidence : les musiciens n'avaient pas à simuler. La bonne entente était bien réelle au sein de la nouvelle famille musicale du chanteur français qui a choisi de devenir Québécois.

L'atmosphère était même plutôt cool et feutrée dans le cocon créatif montréalais : tapis épais, toiles de parachutes accrochées au plafond, lampes de styles divers projetant un éclairage tamisé. Des sofas moelleux dans tous les coins et, sur le sol, des kilomètres de fils qui s'entremêlent. Sur un mur, une immense tapisserie noir et blanc contraste avec le calme ambiant en posant la question : «Pourquoi toutte é toultemps toutte fucké?!?»

Pendant la visite du Soleil, entre deux gorgées de café, Daran et son groupe - André Papanicolaou (guitare), Guillaume Chartrain (basse) et Marc Chartrain (batterie) - ont eu le temps d'enregistrer deux pièces du nouvel album, attendu à la fin février : Un animal entre nous et Kennedy.

Chacune d'entre elles a été jouée intégralement deux, trois, quatre, cinq fois... On a fini par perdre le compte. «On en fait une dernière. J'ai besoin d'une autre prise pour arriver à faire ce que je veux», ont tour à tour dit les musiciens, insatisfaits d'un détail dans leur jeu ici ou là. Honnêtement, l'oreille extérieure peinait à saisir la subtilité des différences d'interprétation. Mais le groupe avait eu l'occasion de casser les chansons sur scène pendant plusieurs mois. Chaque membre en connaissait le potentiel, savait exactement comment son apport devait sonner. «C'est ça le fun de tracker en gang!» a philosophé l'un d'eux, après une énième répétition.

Pour Daran, l'enregistrement live apporte quelque chose d'unique aux chansons. «Les gens écoutent et entendent la pièce où elle a été enregistrée. Les petits bruits sont des indésirables qui deviennent désirables», a-t-il noté.

Plus tard, en entrevue, le chanteur et guitariste reviendra sur le travail qu'il a pu accomplir avec ses nouveaux musiciens québécois. «Je travaille avec des gens exceptionnels, a-t-il résumé. C'est ce que j'ai trouvé dans cette équipe : une belle connivence.»

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