Ernest et Célestine: conte pour tous

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Ernest et Célestine deviendront les meilleurs amis du monde.

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(Paris) Ernest et Célestine ont beaucoup en commun: ils se sentent seuls, abandonnés et malheureux comme les pierres. Ils se ressemblent - mis à part le fait que lui est un ours mal léché et elle, une souris casse-pieds dans des mondes que tout oppose! Envers et contre tous, et non sans avoir bouleversé l'ordre établi, ils deviendront les meilleurs amis du monde dans le très beau film d'animation du même nom. Le Soleil a rencontré les trois réalisateurs du long métrage adapté par l'écrivain Daniel Pennac et qui a gagné la semaine dernière le César du meilleur film d'animation.

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Benjamin Renner, un des réalisateurs d'Ernest et Célestine et l'écrivain Daniel Pennac

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Les réalisateurs, Vincent Patar et Stéphane Aubier

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Ernest et Célestine est une adaptation soignée des albums de Gabrielle Vincent, une idée que chérissait le producteur Didier Brunner depuis 20 ans, lui qui lisait les livres à sa fille. «Son mot d'ordre était d'être le plus fidèle possible à l'oeuvre et de la respecter. Il fallait trouver des gens qui soient dans cette même sensibilité pour animer les personnages», soutient Benjamin Renner.

Ce dernier a donc effectué un long et minutieux travail, pendant un an, pour développer le magnifique univers graphique d'Ernest et Célestine. Puis le producteur lui a demandé de réaliser le film. Le jeune homme, qui sortait tout juste de l'école, a accepté à condition qu'on lui adjoigne deux réalisateurs d'expérience en animation pour le superviser: Vincent Patar et Stéphane Aubier. «Ce qui est assez commun en animation», souligne Benjamin Renner. La complicité qu'ils ont développée est évidente: ça rigole ferme en entrevue.

Dès le départ, ils se sont entendus sur le fait que l'adaptation cinématographique devait être en dessins animés traditionnels. Oubliez la 3D. «Ça me semblait évident», lance Vincent Patar. «Le rapport de Gabrielle Vincent au dessin est tellement fort», ajoute Benjamin Renner. Ce qui n'empêche pas que l'animation ait été réalisée, malgré tout, à l'ordinateur, mais avec la sensation du dessin. «On retrouvait la spontanéité du croquis.»

Il faut dire que le trio de réalisateurs a planché sur l'esthétique, mélange d'aquarelles pour les décors et de BD, qui évoque beaucoup le travail de l'illustrateur Ernest Howard Shepard (Winnie l'ourson). Mais ils ont aussi puisé autant chez Sempé (Le petit Nicolas) que Rembrandt. Pour l'expressivité du dessin, ils se sont inspirés également de Christophe Blain (Gus), d'illustrations, de photo et du cinéma japonais.

Le trio s'est approprié le scénario pour le mettre à sa main, même si «d'emblée on a adhéré aux idées véhiculées», indique Vincent Patar. Ce qui n'empêche pas chacun d'y voir ce qu'il veut: amitié dépareillée, relation amoureuse, relation père-fille, etc. «C'est sujet à interprétation, opine Benjamin Renner. Moi, je les voyais comme deux gamins qui jouent ensemble, qui ne demandent rien à personne et qui ne comprennent pas qu'on vienne les emmerder.»

La matière était riche. Trop. L'équivalent de la trilogie du Seigneur des anneaux, rigolent-ils. Les trois réalisateurs n'ont d'ailleurs pas hésité à élaguer dans les dialogues et les scènes de Daniel Pennac. «On aurait eu un film de trois heures! Il y avait des apartés qui n'avaient rien à voir. On a cerné l'essentiel. Daniel a compris assez vite qu'on faisait ça pour le film et non pour l'ennuyer», explique Vincent Patar.

Outre l'auteur de la saga Malaussène, Ernest et Célestine compte aussi sur un collaborateur prestigieux: Thomas Fersen, qui a écrit la chanson-titre. «Daniel [Pennac] voulait absolument qu'il l'écrive: c'est son voisin! Il faisait ça pour le plaisir et s'amuser. Il est marrant comme tout. Et son univers musical correspond exactement à l'esprit du film.» Tout à fait. La bande originale signée Vincent Courtois est à l'avenant.

Si Thomas Fersen a le côté poète absurde qui sied à Ernest, les trois illustrateurs se sont fortement identifiés à Célestine, une mésadaptée scolaire qui exprime sa créativité dans le dessin. «Il y avait beaucoup de souvenirs d'enfance qu'on a essayé d'intégrer dans le film.» Ce qui ajoute sûrement au charme magique de ce dessin animé ravissant.

Ernest et Célestine prend l'affiche le 1er mars.

* Les frais de ce voyage ont été payés par UniFrance.

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