Oscar du meilleur acteur: Daniel Day-Lewis à l'unanimité!

Daniel Day-Lewis dans Lincoln...

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Daniel Day-Lewis dans Lincoln

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(Québec) Évidemment, ça paraît impossible et on ne le saura jamais, mais il me plaît de croire que Daniel Day-Lewis sera élu à l'unanimité au titre de meilleur acteur à la 85e soirée des Oscars. Son incarnation d'Abraham Lincoln éclipse toutes les autres performances, aussi brillantes soient-elles. Et il fera son entrée dans l'histoire, lui que plusieurs considèrent déjà comme le meilleur acteur vivant.

Hugh Jackman (à droite) dans Les Misérables... (Photo Universal) - image 1.0

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Hugh Jackman (à droite) dans Les Misérables

Photo Universal

Joaquin Phoenix dans Le maître... (Photo TWC/Alliance) - image 1.1

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Joaquin Phoenix dans Le maître

Photo TWC/Alliance

Ils sont neuf à avoir gagné deux fois l'Oscar (Brando, Nicholson, Cooper, Penn, etc.). Et si Day-Lewis totalise moins de nominations, c'est parce qu'il ne joue pas souvent. Mais quand il le fait... Sa présence s'avère toujours magnétique et son charisme séduit sans peine. Mais l'humanité qui transpire de chaque geste, regard et tirade suscite une adhésion totale du spectateur.

D'ailleurs, la bonhomie et l'intelligence de son Lincoln, qu'il compose avec virtuosité, augmentent la crédibilité et les ressorts dramatiques de l'oeuvre.

Day-Lewis est connu pour sa préparation obsessive et sa volonté de rester dans le rôle, même lorsqu'il ne tourne pas. Lorsqu'il interprétait le peintre Christy Brown, atteint de paralysie spasmodique, les techniciens devaient le transporter hors du plateau. Sa renversante et touchante performance dans My Left Foot (1989) lui vaudra son premier Oscar et une réputation de talent qui frise le génie (il obtiendra le deuxième pour Il y aura du sang (2007)).

Mais la minutie de l'acteur va loin. Pour Lincoln, l'acteur de 55 ans s'est préparé pendant un an, lisant une tonne de biographies à propos du 16e président des États-Unis. Avant le tournage, il textait des messages à Sally Field (qui interprète sa femme Mary) en signant des initiales du président. Il a travaillé son accent du Sud et modulé sa voix pour qu'elle soit douce et ténue, tout en étant présidentielle. Il a aussi reproduit l'étrange démarche traînante de Lincoln. Sans caricaturer.

Par son interprétation, Daniel Day-Lewis redéfinit le sens du mot «incarnation» pour un acteur. Au point où les images de l'acteur risquent de se superposer à celles du vrai Lincoln dans la psyché occidentale. Ironiquement, Day-Lewis n'est pas américain, mais irlandais...

Un autre prétendant au titre vient, lui, de l'Australie : Hugh Jackman. Qui joue dans un drame musical typiquement français : Les misérables! L'acteur de 44 ans, surtout connu pour son rôle de Wolverine dans la série des X-Men, se glisse dans la peau du célèbre Jean Valjean de la célébrissime oeuvre de Victor Hugo. Avec beaucoup de bonheur. Mais il est loin d'être aussi bon chanteur qu'acteur. On va oublier ça.

En fait, il aurait été juste et bon que l'Oscar d'interprétation soit remis à Joaquin Phoenix. Sa transformation est tout aussi extrême dans Le maître (de Paul Thomas Anderson) que celle de Daniel Day-Lewis. Il est totalement habité et possédé - à la Jack Nicholson - par le rôle de Freddie Quell, un alcoolique obsédé sexuel à la dérive qui se soumet à un gourou.

Son jeu est physique, le corps courbé, avec une énergie animale, et un grain de folie dans l'oeil, qui ne demande qu'à exploser. Ce qui lui arrive d'ailleurs dans une mémorable scène où il détruit sa cellule - ce qui n'était pas prévu dans le scénario... Le genre d'interprétation qui continue de nous hanter longtemps après que les lumières se soient allumées dans la salle.

Denzel Washington dans Vol... (Photo Paramount Pictures) - image 2.0

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Denzel Washington dans Vol

Photo Paramount Pictures

Bradley Cooper dans Le bon côté des choses... (Photo AP/The Weinstein Company) - image 2.1

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Bradley Cooper dans Le bon côté des choses

Photo AP/The Weinstein Company

Parlant de jouer un alcoolique, Denzel Washington doit principalement sa nomination au fait qu'il ne fait pas du «Denzel Washington» dans Vol (de Robert Zemeckis), optant pour un jeu minimaliste. Une présence hallucinée, mais pas trop, avec les rictus et le regard fuyant du dépendant. Une bonne performance, tout comme celle du populaire Bradley Cooper en bipolaire déjanté sans filtre dans Le bon côté des choses (de David O. Russell). Il est d'un naturel désarmant, livrant une interprétation qui lui a valu, avec raison, de passer de belle gueule à acteur talentueux. C'est déjà beaucoup.

MEILLEUR ACTEUR

Nommés

Bradley Cooper (Le bon côté des chosesSilver Linings Playbook)

Daniel Day-Lewis (Lincoln)

Hugh Jackman (Les misérables)

Joaquin Phoenix (Le maîtreThe Master)

Denzel Washington (VolFlight)

Ma prédiction: Daniel-Day Lewis

Mon choix: Joaquin Phoenix

L'an passé: Jean Dujardin (L'artiste)

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