François Damiens, l'homme qui aime les «beaufs»

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Notre journaliste Normand Provencher est en Belgique afin d'assister au Festival du film francophone de Namur. »

(Namur, Belgique) Le facteur va rarement prendre une marche après le travail. Le cuisinier n'a pas toujours envie de se faire à souper en revenant à la maison. De la même façon, il y a des acteurs de cinéma qui n'aiment pas regarder des films. C'est le cas de François Damiens, l'acteur belge qui monte, vu dans les comédies romantiques L'arnacoeur et La délicatesse.

«Je ne vois pas un DVD par année. Et quand je vais au cinéma, je trouve ça chiant. Je ne regarde pas le film, mais les gens dans la salle...», lance le sympathique gaillard de 39 ans, rencontré à Namur au lendemain de la première de Tango libre, présenté en lever du rideau du Festival international du film francophone.

Dans le film de Frédéric Fonteyne (Une liaison pornographique), Damiens incarne un homme tranquille et effacé, comme il sait si bien le faire, qui craque pour une belle inconnue à un cours de tango (Anne Paulicevich). Le seul hic, c'est qu'il est gardien de prison, alors que cette femme a pour amant et mari deux détenus de son établissement (Sergi Lopez et Jan Hammenecker). Bonjour les embrouilles...

«Mon personnage veut être transparent, il ne veut juste pas qu'on l'interpelle. Il veut se fondre dans la masse. Jusqu'à ce que sa vie bascule à cause de l'amour. Quand on est amoureux, ça arrive qu'on perde la raison...» Plutôt que d'aller au cinoche, ce que préfère par-dessus tout François Damiens, c'est observer ses semblables. Il ne s'en lasse jamais. Dans une autre vie, il aurait pu être «à fond» sociologue. C'est là, dans le petit théâtre de la vie, qu'il puise l'inspiration lui permettant de donner vie à ses personnages tout ce qu'il y a de plus ordinaires, du moins en apparence.

«J'aime la précision de la réalité parce que c'est infini. J'aime bien les rôles auxquels le public peut s'identifier. J'aime la normalité. Le plus beau compliment qu'un spectateur puisse me faire, c'est de me dire qu'il a reconnu son beau-frère dans mon personnage. J'adore les beaux-frères. Je suis très beau-frère...» lance-t-il, avec cette ironie typiquement belge.

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