Le tournage d'Inch'Allah, une expérience marquante pour Évelyne Brochu

Anaïs Barbeau-Lavalette, réalisatrice du filmInch'Allah et Éveline Brochu,... (La Presse Canadienne)

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Anaïs Barbeau-Lavalette, réalisatrice du filmInch'Allah et Éveline Brochu, qui incarne Chloé, une obstétricienne travaillant dans un camp de réfugiés palestiniens.

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(Toronto) Le tournage d'Inch'Allah a profondément transformé la comédienne Évelyne Brochu. Son séjour au Moyen-Orient, principalement en Jordanie, lui a permis de s'imprégner de l'esprit unique de ce coin du monde confronté à une guerre qui n'en finit plus.

La jeune actrice incarne le rôle principal dans le film d'Anaïs Barbeau-Lavalette, Chloé, une obstétricienne travaillant dans un camp de réfugiés palestiniens. Partagée entre son amitié pour une patiente arabe et sa voisine juive, la travailleuse humanitaire devient le témoin impuissant d'un conflit qui la transformera à jamais.

«Chloé est prise dans un étau, elle se noie dans tout ça. Cette guerre lui rentre dans le système. Elle-même est devenue un champ de bataille», laisse tomber Évelyne Brochu, rencontrée par Le Soleil la semaine dernière dans un hôtel du centre-ville de Toronto.

En amont du tournage, la jeune comédienne s'est rendue avec les producteurs Luc Déry et Kim McCraw (Incendies) pour faire du repérage en Israël et en territoires palestiniens. Une façon pour elle d'habiter le plus rapidement possible son personnage.

De son séjour là-bas, Évelyne Brochu en parle comme d'une expérience unique à tous les points de vue. Le chant du muezzin, appelant à la prière cinq fois par jour, résonne encore à ses oreilles. «De ne pas être capable de comprendre les mots, ça affecte l'âme plus qu'autre chose. C'est une sonorité qui ne ressemble à aucune musique religieuse que l'on connaît.»

Autre moment marquant de son séjour : les visites aux bains publics pour femmes, le hammam. Un lieu où flotte «un rapport d'intimité et d'abandon, très proche de la maternité» et qui a profondément nourri son travail.

Apprentissage de l'arabe

Histoire de faciliter son intégration et de rendre plus crédible son personnage, l'actrice de 29 ans s'est également mise à l'apprentissage de l'arabe. «J'avais la prétention de l'apprendre en six mois... J'avais un très bon coach, mais seulement de trouver la musculature de cette langue, c'est quelque chose. Sur le plateau, grâce à mes quelques notions, j'ai pu avoir des échanges avec des figurantes arabes. Une fois, au dépanneur, j'ai même compris lorsqu'une mère a dit à sa fille que j'avais un beau manteau, c'était l'fun...»

Dirigée pour la première fois sur un plateau par une femme, la vedette de Café de Flore avoue avoir adoré l'expérience. «Je ne sais pas si c'est le fait d'avoir à peu près le même âge, mais j'ai senti une vraie chimie avec Anaïs. Elle a une telle façon de raconter, de te toucher. J'étais connectée à elle. Je sentais le souffle de l'histoire, qui est un peu la sienne, à travers elle. C'était comme une sorte de transfert énergétique. Anaïs recherche la vérité dans toutes les sphères de son cinéma, avec un petit voile de poésie.»

Multitude d'opinions

De l'affrontement interminable entre Israéliens et Palestiniens, Évelyne Brochu croit que, paradoxalement, il est «plus facile et moins tabou d'en parler là-bas». Son séjour lui a permis d'être confrontée à une «multitude de points de vue» sur la façon de résoudre le conflit, et l'amenant du coup à vivre d'espoir.

«Il y a là-bas plein de jeunes qui réfléchissent à ce problème vaste et complexe. Je sens beaucoup de courage, ça bouge. Après avoir vu le film, il faudrait que les gens ajoutent leur voix au dialogue. On peut avoir de l'empathie, mais reste que c'est toujours difficile de comprendre comment ce genre de conflit s'inscrit dans un corps et une âme.»

Si elle n'avait pas choisi le métier de comédienne, elle ignore si elle aurait eu le courage et la détermination d'imiter Chloé et d'aller soulager la misère dans des zones aussi instables. «J'ai une profonde admiration pour ces gens. Je ne sais pas si j'aurais eu les nerfs pour le faire.»

Chose certaine, elle n'attend que le moment propice pour retourner au Moyen-Orient. Elle a attrapé la piqûre. «J'éprouve une véritable fascination pour ce coin du monde.»

Récente gagnante du prix Gémeaux du meilleur premier rôle dans un téléroman (La promesse), Évelyne Brochu foulera le tapis rouge du Festival de cinéma de la Ville de Québec, ce soir, au Palais Montcalm. Deux nouveaux défis au grand écran l'attendent dans les prochains mois, soit l'adaptation de la pièce Tom à la ferme, de Xavier Dolan, et un «beau projet, très excitant» dont les détails seront dévoilés prochainement.

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