La maison du pêcheur raconte plus précisément la rencontre de Bernard Lortie, jeune Gaspésien fils de pêcheur, avec les frères Rose et Francis Simard, et le contexte ayant débouché sur les événements d'octobre 1970.
Le film met notamment en vedette Luc Picard, Raymond Bouchard et Kevin Parent, de même qu'un ensemble de jeunes comédiens, dont Mikhail Ahooja dans le rôle de Bernard Lortie, et Vincent Guillaume-Otis, qui interprète Paul Rose.
«En 1969, ça fait déjà plusieurs années que Percé est un lieu de rassemblement pour la jeunesse québécoise et des artistes comme Robert Charlebois et Claude Dubois. Et 1969 suit les événements de mai 1968 en France, le Printemps de Prague, la contestation de la guerre du Viêtnam aux États-Unis. On marche sur la Lune en 1969. Percé est donc un lieu mythique», précise Vic Pelletier, dont la firme, PVP, de Matane, produit le film.
En 1969, Paul Rose est en mission de sensibilisation pour la protection du fait français. Il est en colère contre l'anglicisation de Montréal.
«Le concept de la Maison du pêcheur visait à créer un lieu de rencontres, d'échanges. Son idée était de créer un circuit de maisons du genre, comme une Maison du mineur en Abitibi, une Maison du bûcheron au Saguenay-Lac-Saint-Jean», ajoute M. Pelletier.
Un été chaud
L'été 1969 sera chaud à Percé. L'afflux de jeunes de partout au Québec, auxquels se joignent de jeunes Gaspésiens, souvent à l'encontre de la volonté des parents, crée des tensions avec certains commerçants de Percé, qui craignent de voir leurs affaires diminuer.
Le conseil municipal de Percé convient ainsi, vers le 20 juillet, de nettoyer la Maison du pêcheur, avec le concours des pompiers. Le coup de force déstabilisera les jeunes temporairement, mais il ne découragera pas Paul Rose et sa suite.
«Ils sont restés tard, à Percé, jusqu'en octobre, avant de retourner à Montréal», précise Vic Pelletier, qui voit ainsi se concrétiser un vieux projet. Le coscénariste Jacques Bérubé, de Rimouski, est en effet venu le voir avec cette idée il y a une dizaine d'années.
Aux fins du film, on a reconstitué un bâtiment évoquant la Maison du pêcheur, puisque l'originale est depuis longtemps un restaurant, propriété du député sortant de Gaspé, Georges Mamelonet.
Le long métrage est doté d'un budget de 4,35 millions$. L'équipe de tournage est composée de 65 personnes. Vingt-sept jours de tournage sont prévus à Percé, avec 88 personnes tenant des rôles, dont 25 premiers rôles. Près de 300 figurants sont nécessaires pour réaliser le tournage, avec un impressionnant attirail de costumes de la fin des années 60.
«Tout est tourné à Percé, sauf deux jours à Montréal, pour l'arrestation de Bernard», précise Vic Pelletier.
Dans le film, il ne sera pas question de donner les noms de famille des membres du FLQ, puisque quelques éléments sont romancés et afin de se soustraire à tout risque de poursuite. Les événements d'octobre 1970 ont débouché sur les enlèvements du diplomate britannique James Richard Cross et du ministre québécois Pierre Laporte. Ce dernier est mort par strangulation, alors qu'il était détenu par le groupe de Paul Rose.
Luc Picard, qui a joué Paul Rose dans le passé, campera cette fois le rôle d'un conseiller municipal opposé au mouvement des jeunes. Raymond Bouchard jouera le maire, tandis que Kevin Parent jouera un menuisier qui répare des bateaux. Le musicien conteur Jocelyn Bérubé jouera Ti-loup, un personnage célèbre du Percé des années 50 aux années 80, Séverin Langlois de son vrai nom.
Le film compte de grosses pointures dans son équipe de réalisation, dont Alain Chartrand, Pierre Mignault comme directeur photo, Mario Bolduc comme scénariste et Jean-Roch Marcotte comme producteur sur le terrain.
Il sera prêt à diffuser en mai 2013. «Nous allons vérifier le moment stratégique, s'il convient de le sortir au printemps ou d'attendre à l'automne», dit Vic Pelletier. Il sera distribué par Christal Films, et sa première télédiffusion est prévue pour 2014, à Télé-Québec.