«C'est un tour de force, un exploit qui devrait être imité à Québec», lance M. Savoy, qui voit l'aboutissement d'un travail amorcé il y a cinq ans et pour lequel il a investi temps et énergie.
Construites au coût d'un demi-million de dollars, grâce à l'appui de l'homme d'affaires Jean-Pierre Plante, les deux nouvelles salles compteront 55 sièges, le même nombre que la salle actuelle, inaugurée en 2003. Les projections se feront en mode DCP (Digital Cinema Package), un standard numérique reconnu par les distributeurs mondiaux, permettant ainsi d'élargir l'offre de films.
Les travaux, qui se mettront en branle «le plus tôt possible», entraîneront la reconfiguration de l'espace servant actuellement à la location de films en DVD (et en VHS, un format toujours disponible pour certains titres rares).
Comme les habitués pouvaient le constater depuis longtemps, le second étage de l'immeuble était devenu trop vaste en raison de la baisse radicale du marché. «Le vidéo était notre talon d'Achille, explique Michel Savoy. La location de films est en chute libre. La faillite de Blockbusters Video en est la plus belle preuve.»
Hors du mainstream
Spécialisé dans les films hors du mainstream hollywoodien, toujours projetés dans leur version originale avec sous-titres français, le Cinéma Cartier espère ainsi contribuer à offrir un plus grand choix aux cinéphiles. Un total de 172 longs-métrages y ont été présentés l'an dernier. On espère tripler ce nombre.
Le leitmotiv de Michel Savoy demeure le même : trouver ces petites perles rares, présentées ici et là dans les festivals, mais qui se perdent trop souvent dans les méandres de la distribution. Comme Le havre, d'Aki Kaurismäki, présenté à Cannes l'an dernier, à l'affiche le 20 juillet.
Grâce à cette expansion, le Cinéma Cartier compte également offrir davantage de rétrospectives consacrées à de grands noms du septième art, comme Marilyn Monroe ou Stanley Kubrick, qui est à l'affiche actuellement.
«Je cherche n'importe quel film où il y a de la beauté, qu'il ait été tourné pour le cinéma ou la télévision, explique-t-il. Mais je suis également ouvert à toutes les offres des distributeurs qui voudront me confier un gros film.»
Pour Michel Savoy, l'ouverture de ces deux nouvelles salles représente beaucoup. Le chemin a été long et souvent pénible. «Je suis vraiment soulagé. Je vais maintenant être capable d'ajouter une ou deux heures de sommeil à mes nuits...»