«Le biopic, c'est le genre le plus tough. Je n'avais plus envie de toucher à ça. J'avais envie de liberté, d'aller n'importe où, d'envoyer mes personnages dans toutes les directions», confie-t-il, depuis la terrasse d'un hôtel du Vieux-Montréal, lieu de rencontre avec la presse de toute l'équipe du film.
Dionne s'est fait plaisir avec Omertà, conçu à partir d'une idée qu'il traînait depuis longtemps dans ses cartons. Fan d'économie et de politiques monétaires, l'ex-attaché politique (et auteur de la télésérie Bunker) appuie son scénario sur le trafic de faux lingots d'or, une fraude internationale de grande envergure dont on sait encore bien peu de choses et qui rapporte une fortune à ses auteurs.
«Ça fait longtemps que je voulais raconter cette histoire. Le film s'inspire de nombreux éléments véridiques. De grandes quantités d'or sont falsifiées par des organisations avec des moyens sophistiqués.»
Dionne était heureux de voir son ami Michel Côté reprendre le rôle («qui a marqué l'imaginaire») de Pierre Gauthier. Pour Patrick Huard, le cinéaste a eu l'intuition qu'il pouvait rendre crédible le personnage crucial de Steve Bélanger, un agent double infiltré depuis plusieurs années au sein du monde interlope montréalais. «Il avait l'énergie du personnage. Il a cette même drive dans la vie.»
René Angélil
Quant au choix de René Angélil, le cinéaste avoue que c'est la productrice Denise Robert qui, la première, a songé à lui. «Elle me l'a mis en tête, mais je me disais qu'il n'accepterait jamais. Finalement, j'ai dit à Denise que ça vaudrait peut-être la peine d'essayer (de le convaincre) ...
«Le pouvoir et le charisme, ça ne se joue pas au cinéma, poursuit Dionne au sujet du réputé imprésario. Il y en a pour qui c'est inné. C'est son cas. Il impose le respect. Il ne se choque jamais quand il négocie. Quand il a un chiffre en tête, c'est LE chiffre. Ça prend une certaine forme d'assurance. C'est un homme de peu de mots, mais en même temps, drôle comme un singe.»
Omertà prend l'affiche le 11 juillet.