Peu s'en souviennent, mais René Angélil a déjà fait de courtes apparitions au grand écran, dans les années 70, dans Après-ski et L'apparition. Dans le cas du premier film, comédie légère et coquine de Roger Cardinal, il jouait une courte scène avec son compère des Baronets Pierre Labelle.
«La scène se déroulait à un bar. Ç'avait été drôle. Mais pour le film, sincèrement, je m'en souviens plus... On l'a tourné en 1972, alors si je compte bien, ça fait 40 ans. Une grande carrière avec un p'tit creux de... 40 ans. Des fois, c'est dur pour un acteur...» rigole-t-il.
La productrice Denise Robert est la première qui a eu l'idée de lui confier le rôle du parrain de la mafia montréalaise, Dominic Fagazi (rôle tenu dans la télésérie par Dino Tavarone). Celle-ci s'est rendue en Floride, avec le réalisateur Luc Dionne, pour convaincre Angélil d'accepter leur offre.
«Je n'étais pas là [à leur arrivée], et ils ont d'abord convaincu Céline, explique-t-il. Ils disaient que j'étais le gars parfait pour le personnage, que ça leur prenait quelqu'un d'imposant, avec de la crédibilité, que j'avais seulement à rester moi-même. Ils n'arrêtaient pas de me dire ça, de rester moi-même. J'ai un peu pris ça comme une insulte, c'était quand même le parrain de la mafia...»
Après avoir reçu la «bénédiction» de sa célèbre femme, qui lui a vendu «la chance de jouer dans un film important avec des acteurs importants», le gérant a décidé de plonger. «J'étais excité devant l'incroyable brochette d'acteurs du film. Je me suis dit qu'il ne fallait surtout pas que j'aie l'air fou devant eux ou que je leur fasse honte. S'il fallait que j'oublie mes textes et qu'on soit obligé de recommencer la scène... Mais tout s'est bien passé. J'avais un coach pour m'aider à apprendre mes lignes.»
Son expérience au poker, où il ne faut rien laisser paraître de ses émotions, à l'image d'un parrain de la mafia, lui a servi sur le plateau de tournage. «Ces gens-là ne disent rien, mais la première chose que tu sais, t'as une balle dans la tête...»
Son fils de 11 ans, René-Charles, a pu voir à Las Vegas une version de travail d'Omertà, il y a quatre mois.
«C'est le style de cinéma qu'il aime. Il a dit à Denise [Robert]: "Ne changez rien, c'est le meilleur film que j'ai jamais vu." Faut dire qu'il n'en a pas vu beaucoup...»