En début d'après-midi, mardi, la presse était conviée à une petite visite du plateau, au deuxième étage de l'établissement du boulevard Hamel, à travers le va-et-vient d'ouvriers affectés à des travaux de rénovation et de membres du personnel de l'école chargés de clore les derniers dossiers scolaires...
En retrait, par un moniteur, les journalistes ont pu assister au tournage d'une scène de 18 secondes où une élève, Isabelle (Philomène Bilodeau), accompagne Victor (Zacharie Chasseriaud) jusqu'au bureau du directeur. Une brève conversation a lieu dans l'escalier.
«Fais-tu exprès?
- Quoi?
- D'être en retard, de jamais avoir tes affaires?
- Je m'en fous.»
Dix-huit petites secondes qui ont pris un bon moment à mettre en boîte, comme c'est souvent le cas sur un plateau de tournage, après une mise en place et deux répétitions destinées à faire les derniers ajustements et à coordonner le travail des différents départements techniques. Faire du cinéma, c'est surtout être capable de faire preuve de patience...
Jeune très réservé
Coproduction franco-québécoise dotée d'un budget de 1,7 million $, Deux temps, trois mouvements raconte le récit initiatique d'un adolescent français (Chasseriaud) nouvellement installé à Québec avec sa mère, après la mort de son père. Seul témoin de la chute d'un garçon du toit de son école, Victor fera la connaissance de plusieurs personnes reliées de près ou de loin au drame, dont son meilleur ami Samuel (Antoine L'Écuyer) et une adolescente de son âge (Bilodeau). Le film met également en vedette Anne-Marie Cadieux et l'actrice française Laure Atika, vue dans Les doigts croches.
Révélé l'an dernier par Les géants, de Bouli Lanners (bientôt à l'affiche), qui lui a servi de carte de visite pour décrocher le rôle, Zacharie Chasseriaud, 16 ans, originaire de la banlieue parisienne, décrit son personnage comme un jeune très réservé qui va apprendre à s'ouvrir au fil de ses expériences.
«Il garde tout à l'intérieur, sans jamais montrer ses émotions. Lentement, il va apprendre à grandir», confie le jeune comédien, qui partage son temps entre le cinéma, l'école et des cours intensifs de tennis.
Casquette avec le logo stylisé «Québec» vissée sur la tête, Antoine L'Écuyer a bien grandi depuis l'époque de C'est pas moi, je le jure! de Philippe Falardeau. Maintenant âgé de 15 ans, il continue son petit bonhomme de chemin devant la caméra. «Mon personnage devient ami avec Victor. C'est un jeune un peu sur le party, qui fait du scooter et se fout un peu de l'école.»
Fille des comédiens Emmanuel Bilodeau et Monique Spaziani, Philomène Bilodeau connaît avec Deux temps, trois mouvements sa seconde expérience au cinéma après Curling, de Denis Côté, où elle partageait la vedette avec son père. «Mon personnage deviendra le premier amour de Victor. C'est une petite fille parfaite qui ne veut jamais rater ses cours...»
Deux jours de tournage
C'est un pur hasard si le réalisateur Christophe Cousin a choisi l'École de Vanier pour le tournage de plusieurs scènes de son film. «Je prenais une marche sur le bord de la rivière [Saint-Charles] et j'ai vu l'édifice. Le toit était parfait pour le tournage d'une scène très importante du film. Le décor s'est imposé de lui-même.»
Si tout se déroule selon l'horaire, comédiens et techniciens devraient se déplacer aujourd'hui pour le tournage d'une scène sous un échangeur de l'autoroute Dufferin-Montmorency. Le film devrait se boucler en fin de soirée, demain, au carrefour giratoire du boulevard Saint-Jacques, réquisitionné pour la mise en scène d'un accident de scooter.
Les producteurs québécois Sonia Despars (Parallaxes) et Martin Paul-Hus (Amérique Film) espèrent une participation de leur film à un important festival en 2013, avant sa sortie commerciale, quelque part à l'automne.