(Québec) Fernando León de Aranoa compte parmi les cinéastes espagnols les plus influents de la dernière décennie. En 2002, Les lundis au soleil, avec Javier Bardem, avait remporté cinq Goya, les Oscars espagnols, dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur. Sa nouvelle offrande, Amador, démontre encore une fois le souci de son auteur d'aborder des thèmes simples du quotidien, la main sur le coeur.
Jeune femme secrète, en couple avec un homme qu'elle n'aime plus et qu'elle désire quitter, Marcela (Magaly Solier) accepte un boulot pour donner un coup de pouce financier à ce conjoint fleuriste: prendre soin d'un vieil homme malade et alité, Amador (Celso Bugallo), pendant l'absence de sa fille.
De fil en aiguille, une complicité naîtra entre eux, le convalescent prodiguant des conseils pas toujours limpides dont Marcela cherchera la signification profonde dans sa propre vie. Jusqu'à ce qu'un événement la confronte à un tragique dilemme dont on vous laisse la surprise.
De ce petit film sage, parfois un peu trop (surtout en première partie), on retient surtout le désir jamais feint de León de Aranoa de susciter la réflexion sur les grandes questions de la vie, incluant la solitude dans le couple. En cela, le réalisateur ne pouvait rêver à meilleure interprète que Magaly Solier, dont le mal de vivre, la mélancolie et la détresse imprègnent chaque scène.
En revanche, une meilleure cohésion du scénario, moins de brouillard autour de quelques personnages (dont les fameuses femmes sirènes) et plus de vitalité dans l'intrigue auraient certainement permis au film de marquer davantage de points.
Au générique
Cote: ***
Titre: Amador
Genre: drame
Réalisateur: Fernando León de Aranoa
Acteurs: Magaly Solier, Celso Bugallo, Pietro Sibille et Sonia Almarcha
Salle: Cartier (version originale espagnole avec sous-titres français)
Classement: général
Durée: 1h52
On aime: quelques belles réflexions, le jeu sobre et efficace de Magaly Solier
On n'aime pas: un récit qui manque de tonus, les femmes sirènes