Lauréat de la Caméra d'or à Cannes l'an dernier (remis au meilleur premier film), le réalisateur argentin propose un road-movie à trois personnages, contemplatif et zen, traversé d'une tendre nostalgie et d'un bel humanisme.
En faisant monter à bord Jacinta et sa fille de cinq mois, Ruben (excellent German de Silva), un camionneur transportant une cargaison d'acacias, ne se doutait pas que le voyage allait bouleverser sa vie. D'abord hésitant à accepter cette inconnue, référée par son patron, le quinquagénaire décide de l'ignorer presque complètement au début du périple. Aucune marque de politesse ou mot gentil à son égard.
Au fil des kilomètres, Ruben décide de laisser tomber sa méfiance. Profitera d'un arrêt au village de sa soeur pour passer un moment sur le bord d'une rivière avec elle et son bébé. Parlera de ce fils qu'il n'a pas vu depuis huit ans. Éprouvera même de la jalousie lorsque sa passagère fera la conversation avec un autre camionneur, à un arrêt routier.
Les acacias est un film envoûtant par son approche dépouillée. Les dialogues doivent occuper trois ou quatre pages dans le scénario, guère plus. Tout ou presque est affaire de langage non verbal que les deux acteurs épousent avec beaucoup de justesse. Le bébé est aussi un personnage important dans le récit, une mignonne et calme enfant de cinq mois, au sourire ravageur.
Giorgelli a tourné son film à une époque difficile de sa vie, après un divorce douloureux, un éloignement d'avec sa famille, la maladie de son père. En cela, son film porte les germes de la douleur et de la perte, de la solitude, du besoin de protection que nous recherchons tous.
Une oeuvre qui, au premier abord, peut paraître rébarbative, mais qui réussit le miracle de tracer un sillon jusqu'au coeur de celui qui saura s'abandonner.
Au générique
Cote: ***1/2
Titre: Les acacias (Las Acacias)
Genre: drame
Réalisateur: Pablo Giorgelli
Acteurs: German De Silva, Hebe Duarte et Nayra Calle Mamani
Salle: Le Clap (version originale espagnole avec sous-titres français)
Classement: général
Durée : 1h25
On aime : la mise en scène épurée, le langage non verbal des deux comédiens, le jeu de German De Silva, le bébé craquant, la finale
On n'aime pas : -