Saphia Azzedine: scènes de ménage

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Saphia Azzedine a eu la chance de diriger... (Photo K Films)

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Saphia Azzedine a eu la chance de diriger François Cluzet (avec le jeune Jérémie Duval sur la photo) avant qu'il devienne la tête d'affiche d'Intouchables. «J'avais besoin d'un homme beau et digne. Je ne voulais pas tomber dans le misérabilisme, ç'aurait été facile avec un tel sujet.»

Photo K Films

Normand Provencher
Le Soleil

(Paris) Dans son premier long-métrage, Mon père est femme de ménage, adapté de son roman éponyme, Saphia Azzedine relate l'histoire d'une relation père-fils où le premier gagne sa vie dans un métier que le second regarde de haut, sans se douter qu'il va lui permettre de s'ouvrir à un nouveau monde.

L'écrivaine de 33 ans, rencontrée à Paris en début d'année, sait de quoi elle parle. Ses parents étaient de modestes couturiers qui lui ont appris l'importance de l'effort et le goût du travail bien fait. Eux-mêmes montraient l'exemple en passant des heures à faire un ourlet à la main.

«De manière générale, les métiers manuels sont dévalorisés, explique la jeune diplômée en sociologie. De nos jours, il faut avoir fait des études. J'avais un ami à l'école qui ne voulait pas dire qu'il allait reprendre la ferme de ses parents. Je trouvais cela un peu triste.»

Entre une soeur qui rêve de devenir reine de beauté, sa mère dépressive qui passe son temps au lit, Polo (Jérémie Duvall), 14 ans, doit aider son père (François Cluzet) à donner un coup de plumeau dans les bibliothèques et les bureaux de riches professionnels. De fil en aiguille, l'adolescent va découvrir l'univers de la littérature et porter un regard différent sur son paternel.

«Polo aime son père, mais a du mal à l'admirer parce qu'il est toujours à quatre pattes. C'est difficile d'admirer un père qui est femme de ménage. N'empêche, il a quand même des moments d'admiration» à son égard.

Pour le rôle-titre, la réalisatrice d'origine marocaine a eu la chance de pouvoir compter sur François Cluzet avant que celui-ci devienne la tête d'affiche du mégasuccès Intouchables.

«J'avais besoin d'un homme beau et digne. Je ne voulais pas tomber dans le misérabilisme, ç'aurait été facile avec un tel sujet. Comme mettre de la musique triste, ou montrer un homme avec une coupe de cheveux comme ça, à qui il manque une dent, avec une cicatrice. [...] François avait cette autorité pour remettre les choses à leur place. Avec lui, c'est : tu m'aides et tu te tais. Mais il veut aussi le meilleur pour son fils. Il veut qu'il fasse des études.»

On a pu voir Saphia Azzedine devant la caméra, il y a deux ans, dans la comédie L'Italien, avec Kad Merad. Loin d'elle toutefois l'idée de vouloir en faire une carrière.

«C'était un boulot alimentaire. J'avais besoin d'argent. Je connaissais le metteur en scène [Olivier Baroux], qui avait besoin d'une actrice d'origine arabe, un peu énervée. Mais je n'aime pas assez cela pour courir les castings. Actrice, c'est un vrai métier. Je n'ai pas envie non plus d'être maltraitée à force de se faire dire qu'on n'est pas bonne. Je rêve plutôt de m'écrire un truc. On n'est jamais aussi bien servi que par soi-même...»

Mon père est femme de ménage est disponible aujourd'hui en DVD.

Les frais de déplacement et de séjour du Soleil à Paris, en janvier, ont été payés par uniFrance.

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