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L'exploration de la carcasse d'un énigmatique vaisseau permettra de découvrir hiéroglyphes, sarcophages, statue gigantesque et autres restes de créatures.
Au final, l'impression est tout autre. Prometheus s'inscrit dans une filiation quasi identique: même ambiance, même personnage de femme forte et, évidemment, mêmes créatures bien peu sympathiques. Y manque toutefois un ingrédient essentiel: la tension prévalant dans l'original, voire dans sa suite, elle aussi très réussie, Aliens, réalisée en1986 par un certain James Cameron.
2093. Après un voyage de deux ans, le vaisseau spatial Prometheus (nom inspiré du Titan qui déroba le feu aux dieux de l'Olympe pour le donner aux hommes) arrive à proximité d'une planète sensée dissimuler une preuve de l'existence d'extraterrestres à l'origine de l'espèce humaine. Sortant d'un cryo-sommeil, l'équipage est accueilli par le robot David (Michael Fassbender) qui a veillé à la maintenance pendant le trajet, tuant le temps à jouer au basketball... à vélo et à regarder en boucle Lawrence d'Arabie.
L'exploration de la carcasse d'un énigmatique vaisseau permettra de découvrir hiéroglyphes, sarcophages, statue gigantesque et autres restes de créatures, autant d'indices laissant croire à la présence d'une civilisation ancienne venue coloniser la Terre, il y a des milliers d'années. Darwin peut aller se rhabiller.
Ces découvertes sonneront le début des ennuis pour l'escadron, dont l'esprit d'équipe n'est pas à son meilleur. Des divergences éclatent sur le but de la mission entre la scientifique Elizabeth Shaw (Noomi Rapace) et Meredith Vickers (Charlize Theron), la froide et mystérieuse chargée de projet d'une force agissant dans l'ombre, au nom de la foi mystique.
Bien entendu, Alien ne serait pas la saga que l'on sait sans cette créature dégueulasse, sortie à la stupeur générale du bide de l'officier Kane (John Hurt) en 1979. Encore une fois, la bestiole trouvera le moyen de s'inviter à bord du vaisseau spatial pour squatter un humain.
Avec ses effets spéciaux sophistiqués - avec un budget de 250 millions $, le contraire eut été étonnant... - Prometheus s'avère un divertissement de haut calibre. Les projections holographiques forcent l'admiration, surtout en 3D, tout comme les gadgets à la disposition des personnages, tels ces scanners laser volants qui sondent les parois des grottes pour recréer une maquette en trois dimensions.
À décrocher également les mâchoires, un sarcophage pour opération chirurgicale robotisée. Dans une scène la plus intense du film, le personnage de Shaw s'y enferme pour se faire enlever, en moins de temps qu'il faut pour dire bistouri, une présence pas très catholique dans son utérus. Quelques-unes de ces machines dans nos hôpitaux et le problème d'engorgement est réglé, c'est clair...
Au-delà de cette impressionnante quincaillerie, difficile de ne pas cacher une légère déception par rapport à ce nouvel épisode. Les scénaristes Jon Spaihts et Damon Lindelof (Lost) ne parviennent pas à recréer cette étouffante tension qui a fait la renommée de l'original. Aucune surprise, ou si peu au rendez-vous, considérant qu'on connaît depuis longtemps le modus operandi d'infiltration de la créature.
Et puisque le diable se cache dans les détails, parlons-en. Des scientifiques débarquent sur une mystérieuse planète et, se fiant à leurs instruments indiquant que l'air est respirable, décident d'enlever leurs casques. Un minimum de prudence peut-être, mes petits Einstein? De la même façon, une mystérieuse planète, habitée par on ne sait trop quoi, et pas une seule arme pour se défendre? Ou plutôt si, une, à la toute fin, sortie d'on ne sait où. Pas très crédible pour une production de ce calibre.
La Suédoise Noomi Rapace (Millenium), prenant la relève de Sigourney Weaver, figure marquante de la franchise, tire bien son épingle du jeu à titre d'héroïne, celle-ci un peu plus féminine (et amoureuse). Mais c'est Michael Fassbender qui s'impose. En cyborg à la bouille de Peter O'Toole, non dépourvu de cynisme («Je pensais que vous n'aviez rien dans le ventre...»), il crée un personnage d'anthologie à en perdre la tête, dans le vrai sens du terme...
C'est à la toute fin qu'un lien direct se fait avec le premier Alien. Souvenez-vous de ce colosse momifié dans un siège au design organique. Dès lors, la boucle est bouclée. Jusqu'à la prochaine fois, car si Prometheus est le mégasuccès attendu, préparez-vous à un autre épisode, Scott laissant la porte grande ouverte en finale. Reste à voir si, à 74 ans, c'est lui qui sera aux commandes du prochain voyage sidéral.
>> AU GÉNÉRIQUE
Titre : Prometheus
Genre : science-fiction
Réalisateur : Ridley Scott
Acteurs : Noomi Rapace, Michael Fassbender, Charlize Theron, Guy Pearce, Idris Elba, Rafe Spall, Logan Marshall-Green et Sean Harris
Salles : Cinéplex Sainte-Foy (version française et originale anglaise), Cinéplex Beauport (v.f. et v.o.a.), Le Clap, Des Chutes, Lido, ciné-parc Saint-Nicolas et Théâtre Imax (v.o.a. les mardis soir)
Classement : 13 ans (horreur)
Durée : 2h03
Cote : ***
On aime : les effets spéciaux sophistiqués, la séquence de l'opération chirurgicale,
le personnage de Michael Fassbender
On n'aime pas : l'absence de haute tension qui a fait la renommée du premier opus, un scénario qui laisse peu de place aux surprises, quelques incohérences