Au grand écran, le chanteur Benjamin Biolay devient le porte-étendard de ses interrogations existentielles sur la vénérable institution. À quelques jours de convoler en justes noces, le jeune homme est assailli par le doute. Confronté à des décisions cruciales, cet homme de peu de mots se retrouve coincé entre sa belle-famille, issue d'une autre culture dont il ne maîtrise pas la langue, une jeune maîtresse qu'il ne se résigne pas à laisser (Sarah Adler), une mère possessive (Nicole Garcia), une soeur caractérielle (Emmanuelle Devos), une bande de copains compatissants, un nid d'amour à moitié rénové et... une future épouse évanouie dans la nature (Valérie Donzelli).
Avec ce premier film, la cinéaste franco-israélienne de 39 ans a voulu faire écho aux doutes de tous ces futurs mariés qui ont souvent l'impression de suivre une voie tracée d'avance, «sans trop se poser de questions».
«Il y a beaucoup de choses qui viennent de la tradition, comme le mariage et la fidélité», explique la cinéaste, rencontrée en début d'année à Paris. «Comme si la seule façon de dire je t'aime à quelqu'un était de le demander en mariage. Mais où est-il écrit que l'amour doit passer par là? C'est ancré en nous depuis si longtemps qu'on a l'impression que ça fait quasiment partie de notre code génétique.
«À sa façon, poursuit-elle, [le futur marié] est le personnage réceptacle de toutes les énergies des autres, sauf qu'on ne le laisse jamais s'expliquer. Mais lui, que veut-il, qu'est-ce qu'il en pense?» Tiraillé entre deux femmes, il n'arrive pas à choisir. «Il doit juste décider de ne pas subir sa vie. Il serait peut-être heureux avec ces deux femmes, aucune n'est meilleure que l'autre. Ce sont deux vies et deux énergies différentes. Seulement, pour entamer une nouvelle vie, il lui faut savoir faire le deuil d'une autre.»
Lewkowicz connaissait bien Benjamin Biolay (qui signe également la musique du film) pour avoir tourné un court-métrage avec lui. Composer spécialement pour lui le personnage central de Pourquoi tu pleures? s'inscrivait dans la logique.
«Je ne voulais pas un acteur mais quel-qu'un qui trimballe des histoires, pour donner de la profondeur au personnage. Benjamin est photogénique, il a une telle personnalité, quelque chose dans le regard. Et de le filmer au milieu des fleurs et des dragées, ça me faisait rigoler...»
Si la réalisatrice éprouve du mal avec le mariage comme institution, elle en a davantage contre les fameux enterrements de vie de garçon, avec tous ces amis qu'elle accuse en riant de «non-assistance de personnage en danger»...
«Qu'est-ce que c'est cette tradition d'aller aux strip-teaseuses, à essayer de vouloir tromper sa future femme? Elle ne va pas bien pour moi cette tradition, je ne la comprends pas...»
Les frais de déplacement et de séjour du Soleil à Paris, en janvier, ont été payés par uniFrance.