Ce premier volet de la trilogie littéraire de Suzanne Collins (vendue à 26 millions d'exemplaires seulement aux États-Unis) est annoncé comme l'événement cinéma du printemps, grâce à une intense campagne de marketing dans les médias sociaux. Le résultat? Intéressant, dans l'air du temps, mais rien pour partir en peur. Au rayon des franchises à succès pour adolescents, si Harry Potter reste imbattable, Hunger Games surclasse aisément l'insipide saga Twilight.
Le film de Gary Ross (Pleasantville, Seabiscuit) doit beaucoup à l'étoile montante hollywoodienne Jennifer Lawrence. Mise en nomination à l'Oscar de la meilleure actrice, l'an dernier, pour son rôle dans Winter's Bone, cette jeune comédienne de seulement 21 ans, encore peu connue, porte le film sur ses épaules.
Archère talentueuse, experte grimpeuse, dotée d'un caractère en acier trempé, Katniss Everdeen s'inscrit en porte-à-faux des rôles traditionnels pour jeunes femmes montrées au cinéma, style poupoune de luxe qui joue de ses charmes. Cette nouvelle Jeanne d'Arc protégera même son amoureux, Peeta Mellark (Josh Hutcherson), contre les nombreux périls de la forêt.
Dès le départ, la jeune Katniss démontre son courage et son esprit de sacrifice en prenant la place de sa jeune soeur, choisie pour représenter son district au show télévisé Hunger Games, version futuriste des jeux romains. Lancés dans la nature, avec un minimum d'équipements de survie, les 24 candidats doivent déployer toutes leurs astuces afin d'éviter d'être tués par un adversaire.Avant d'être lancés dans l'aventure périlleuse, les candidats sont bichonnés et chouchoutés, entourés de personnages bizarroïdes à la Mado Lamothe. Tout cela pour faire bonne impression auprès des commanditaires, dont la générosité augmentera leurs chances de survie.
Au croisement de The Running Man (avec Arnold Schwarzenegger) et les shows de téléréalité à la Survivor, Hunger Games n'est nullement le film de l'année, encore moins du printemps. Parlons d'un film d'action rythmé, à la distribution honnête. L'influence des médias sociaux étant ce qu'elle est, nul doute que les adolescents vont faire la fête au film.
Soucieux de flatter ce public dans le sens du poil, le scénario (coécrit par Ross, Suzanne Collins et Billy Ray) joue sur sa fibre sentimentale et ses valeurs: l'importance de demeurer authentique quoi qu'il advienne («Même si je dois mourir, je veux rester moi-même.»), la recherche d'approbation («Comment fait-on pour se faire aimer?») et l'amour, bien entendu, l'amour plus fort que tout. En cela, le film se plaît à comparer les personnages de Katniss et Peeta aux amants maudits de Shakespeare, des Roméo et Juliette que seule la mort peut sauver.
Soucieux de rallier le plus large public possible (le film est classé général, déconseillé aux jeunes enfants), les producteurs se sont débrouillés pour que l'histoire demeure dans les limites de l'acceptable. Les scènes d'affrontement font l'objet d'un montage rapide. Le sang ne gicle pas, mais pas loin. Aux parents d'user de leur jugement et évaluer si leur chérubin de 10 ans est capable de voir une gamine recevoir une lance en plein coeur et un autre se faire dévorer vivant par des chiens...
AU GÉNÉRIQUE
Titre : Hunger Games: le film (The Hunger Games)
Genre : drame/action
Réalisateur : Gary Ross
Acteurs : Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth, Woody Harrelson, Elizabeth Banks, Lenny Kravitz, Stanley Tucci, Donald Sutherland, Wes Bentley et Toby Jones
Salles : Cinéplex Sainte-Foy (v. f. et v.o.a.), Cinéplex Beauport, Des Chutes, Lido et Alouette
Classement : général (déconseillé aux jeunes enfants)
Durée : 2h23
Cote : ***
On aime : la performance de Jennifer Lawrence, voir une jeune héroïne forte, le scénario rythmé
On n'aime pas : l'entrée en matière un peu laborieuse, des personnages secondaires inintéressants, le message pernicieux livré au jeune public, la trop longue durée