Oscar du meilleur réalisateur: Michel Hazanavicius haut la main

Michel Hazanavicius risque de damer le pion à... (Photothèque Le Soleil)

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Michel Hazanavicius risque de damer le pion à des cinéastes prestigieux.

Photothèque Le Soleil

Normand Provencher
Le Soleil

(Québec) Michel Hazanavicius peut commencer à sabler le champagne. C'est à lui, et à personne d'autre, que reviendra dans deux jours l'Oscar du meilleur réalisateur. Le cinéaste français, connu jusqu'à maintenant pour les deux épisodes de l'agent gaffeur OSS 117, a déjà sous le bras un prix qui ne saurait mentir, celui du Syndicat américain des réalisateurs (DGA). Depuis 1948, seuls six gagnants de cette récompense ont été ignorés pour l'Oscar. Hazanavicius deviendra le second réalisateur français à remporter l'honneur après Roman Polanski pour Le pianiste en 2003.

L'exploit de Hazanavicius, 44 ans, également auteur du scénario (autre prix quasi assuré), est d'autant plus méritoire qu'il dame le pion à des cinéastes prestigieux. À commencer par Woody Allen pour Minuit à Paris (Midnight in Paris), souvent appelé à ce titre, mais une seule fois élu, pour l'un de ses premiers films, le mémorable Annie Hall en 1978. Le cinéaste new-yorkais avait été finaliste en 1978 (Intérieurs [Interiors]), en 1985 (Broadway Danny Rose), en 1987 (Hannah et ses soeurs [Hannah and Her Sisters]), en 1990 (Crimes et délits [Crimes and Misdemeanors]) et en 1995 (Coups de feu sur Broadway [Bullets Over Broadway]).

Une autre grosse pointure à mordre la poussière, Martin Scorsese pour l'excellent Hugo. Le cinéaste d'origine sicilienne peut se consoler avec son Oscar remporté en 2006 pour Agents troubles (The Departed), pas nécessairement son meilleur au regard de l'excellence de ses autres candidatures malheureuses: The Aviator (L'aviateur) en 2004, Les gangs de New York (Gangs of New York) en 2005, Les affranchis (Goodfellas) en 1991, La dernière tentation du Christ (The Last Temptation of Jesus Christ) en 1989 et, l'un de ses plus réussis, Comme un taureau sauvage (Raging Bull) en 1981.

Pour son existentiel L'arbre de la vie (The Tree of Life), le vétéran Terrence Malick méritait amplement de se retrouver comme finaliste, un second honneur pour lui après La mince ligne rouge (The Thin Red Line) en 1999. Seule certitude dans son cas (comme pour Woody Allen), qu'il gagne ou pas, son absence est assurée sur le tapis rouge du Kodak Theater, l'homme cultivant une discrétion maladive. À Cannes, en mai dernier, c'est son producteur qui avait reçu la Palme d'or en son nom.

Dommage pour Alexander Payne, 51 ans, l'un de nos cinéastes favoris, détenteur d'un parcours exemplaire depuis ses débuts. Avec Les descendants (The Descendants), il signait encore un de ces films (son cinquième) dont il a le secret. En 2005, Payne avait perdu la course à l'Oscar du meilleur réalisateur pour À la dérive (Sideways). Vu son immense talent, les chances sont grandes de le revoir à la cérémonie.

MEILLEUR RÉALISATEUR

- Michel Hazanavicius (L'artiste)

- Alexander Payne (Les descendants)

- Martin Scorsese (Hugo)

- Woody Allen (Minuit à Paris)

- Terrence Malick (L'arbre de la vie)

NOTRE CHOIX: Michel Hazanavicius

NOTRE PRÉDICTION: Michel Hazanavicius

LE GAGNANT DE L'AN DERNIER: Tom Hooper (Le discours du roi)

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