L'exploit de Hazanavicius, 44 ans, également auteur du scénario (autre prix quasi assuré), est d'autant plus méritoire qu'il dame le pion à des cinéastes prestigieux. À commencer par Woody Allen pour Minuit à Paris (Midnight in Paris), souvent appelé à ce titre, mais une seule fois élu, pour l'un de ses premiers films, le mémorable Annie Hall en 1978. Le cinéaste new-yorkais avait été finaliste en 1978 (Intérieurs [Interiors]), en 1985 (Broadway Danny Rose), en 1987 (Hannah et ses soeurs [Hannah and Her Sisters]), en 1990 (Crimes et délits [Crimes and Misdemeanors]) et en 1995 (Coups de feu sur Broadway [Bullets Over Broadway]).
Une autre grosse pointure à mordre la poussière, Martin Scorsese pour l'excellent Hugo. Le cinéaste d'origine sicilienne peut se consoler avec son Oscar remporté en 2006 pour Agents troubles (The Departed), pas nécessairement son meilleur au regard de l'excellence de ses autres candidatures malheureuses: The Aviator (L'aviateur) en 2004, Les gangs de New York (Gangs of New York) en 2005, Les affranchis (Goodfellas) en 1991, La dernière tentation du Christ (The Last Temptation of Jesus Christ) en 1989 et, l'un de ses plus réussis, Comme un taureau sauvage (Raging Bull) en 1981.
Pour son existentiel L'arbre de la vie (The Tree of Life), le vétéran Terrence Malick méritait amplement de se retrouver comme finaliste, un second honneur pour lui après La mince ligne rouge (The Thin Red Line) en 1999. Seule certitude dans son cas (comme pour Woody Allen), qu'il gagne ou pas, son absence est assurée sur le tapis rouge du Kodak Theater, l'homme cultivant une discrétion maladive. À Cannes, en mai dernier, c'est son producteur qui avait reçu la Palme d'or en son nom.
Dommage pour Alexander Payne, 51 ans, l'un de nos cinéastes favoris, détenteur d'un parcours exemplaire depuis ses débuts. Avec Les descendants (The Descendants), il signait encore un de ces films (son cinquième) dont il a le secret. En 2005, Payne avait perdu la course à l'Oscar du meilleur réalisateur pour À la dérive (Sideways). Vu son immense talent, les chances sont grandes de le revoir à la cérémonie.
MEILLEUR RÉALISATEUR
- Michel Hazanavicius (L'artiste)
- Alexander Payne (Les descendants)
- Martin Scorsese (Hugo)
- Woody Allen (Minuit à Paris)
- Terrence Malick (L'arbre de la vie)
NOTRE CHOIX: Michel Hazanavicius
NOTRE PRÉDICTION: Michel Hazanavicius
LE GAGNANT DE L'AN DERNIER: Tom Hooper (Le discours du roi)