La fille du puisatier: eaux mortes

Daniel Auteuil réalise et se donne l'un des... (Luc Roux)

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Daniel Auteuil réalise et se donne l'un des rôles principaux dans La fille du puisatier, une adaptation mièvre et plutôt lourde du film de Marcel Pagnol, tourné en 1940.

Luc Roux

Normand Provencher
Le Soleil

(Québec) Les cinéphiles qui ont craqué pour Jean de Florette et Manon des sources, au milieu des années 80, ne doivent pas s'attendre à retrouver la même magie dans La fille du puisatier. À sa première expérience comme réalisateur, Daniel Auteuil, le mémorable Ugolin du diptyque de Claude Berri, adapte de façon mièvre et plutôt lourde le film éponyme de Marcel Pagnol, tourné en 1940. Du cinéma à papi plombé de surcroît par des personnages qui peinent à trouver leurs marques.

Auteuil, originaire de la Provence, se donne l'un des rôles principaux, celui d'un veuf de principe, puisatier de son métier, père de six filles dont il prend soin comme la prunelle de ses yeux. Parmi elles, Patricia, 18 ans, qu'il chérit plus que tout, sa «princesse» comme il aime à dire.

La jeune femme (Astrid Bergès-Frisbey), élevée selon les bonnes manières après un séjour à Paris, a tôt fait de tomber dans l'oeil du beau gosse du village, Jacques Mazel (Nicolas Duvauchelle), pilote d'avion et fils d'un couple d'aristocrates (Sabine Azéma et Jean-Pierre Darroussin). Il y a aussi dans le décor un employé de son père, le bon vieux Felipe (Kad Merad), qui lui tourne autour pour la demander en mariage.

D'abord réfractaire aux avances de son jeune prétendant, Patricia finira par s'abandonner au péché de la chair, peuchère, avec des conséquences qui viendront, neuf mois plus tard, ternir l'image de sa famille et déclencher une animosité avec la famille Mazel, en deuil de son fils (et père de l'enfant) disparu au front, pendant la Seconde Guerre mondiale.

Cette incursion dans l'univers de Pagnol, au demeurant fort pittoresque, se décline dans une approche académique et un lyrisme pesant. Dans les circonstances, on arrive guère à croire à cette histoire d'amour d'une autre époque, où il faut deviner que les amants ont fait la chose...

Auteil pousse un peu trop la note «avé l'assent» si typique de la Provence, alors que la jeune Astrid Bergès-Frisbey en arrache pour trouver le ton juste permettant de faire compatir à ses petites joies et grands malheurs. De la même façon, le couple Azéma-Darroussin s'avère bien peu crédible.

Au générique

Cote: **

Titre : La fille du puisatier

Genre : drame historique

Réalisateur : Daniel Auteuil

Acteurs : Daniel Auteuil, Astrid Bergès-Frisbey, Kad Merad, Sabine Azema, Jean-Pierre Darroussin, Nicolas Duvauchelle et Émilie Cazenave

Salles : Le Clap

Classement : général

Durée : 1h47

On aime : les paysages de la Provence, la musique d'Alexandre Desplat

On n'aime pas : les dialogues empesés, le jeu de la jeune Bergès-Frisbey, le happy end fourre-tout

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