En toile de fond, ni plus ni moins que l'histoire d'une dépression, celle de Louis (courageux Emmanuel Schwartz), jeune homme amorphe, refermé sur lui-même, visiblement dérangé, dont le chemin de croix est accolé à un douteux discours politique sur l'anglophobie. Pas toujours très limpide.
Dans un souci d'opposer la stagnation de la question politique québécoise au vide existentiel du protagoniste, les deux cinéastes proposent des scènes pour le moins osées. Celle de la frénétique branlette dans une salle de bains, pendant un party, est une scène d'anthologie.
Sur le plan du rythme, encore là , le film dérange. Laurentie est l'antithèse du vidéoclip. Et pas toujours pour le mieux. Les plans-séquences sont d'une longueur démesurée et mettent la patience à rude épreuve. Qu'on en juge: près de six minutes pour la scène d'ouverture, dans un bar de danseuses; 2 min 45 s pour celle du vieillard en marchette à l'église; 4 min 15 s pour celle de la masturbation et, clou du programme, 10 min 43 s pour celle se déroulant dans une cuisine où Louis et ses deux copains boivent leur bière en silence, en écoutant une pièce du compositeur Jean Sibelius.
Les amateurs de cinéma audacieux et contemplatif seront servis à souhait...Â
Au générique
Cote: **
Titre: Laurentie
Genre: drame
Réalisateurs: Mathieu Denis et Simon Lavoie
Acteurs: Emmanuel Schwartz, Eugénie Beaudry, Martin Boily, Guillaume Cyr, Jade Hassouné, Simon Gfeller et Erin Agostini.
Salle: Le Clap
Classement: 18 ans et plus
Durée: 2h
On aime: la dévotion d'Emmanuel Schwartz, le dénouement
On n'aime pas: le propos politique vaseux, la durée excessive des plans, la scène de l'église et des toilettes