Philippe Falardeau: le cynisme politique au grand écran

Le cinéaste Philippe Falardeau travaille actuellement sur un projet de film mettant en... (Photothèque Le Soleil)

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Le cinéaste Philippe Falardeau travaille actuellement sur un projet de film mettant en vedette un député québécois indépendant.

Photothèque Le Soleil

(Namur) NAMUR - Attristé du «niveau de cynisme» à l'égard de la politique, le réalisateur Philippe Falardeau fera de ce thème l'objet de son prochain film, une comédie sociale à la Bob Roberts mettant en vedette un député indépendant québécois et «son rapport au pouvoir et à la population».

Débarqué vendredi au Festival de Namur, où il est venu présenter Monsieur Lazhar, le cinéaste a indiqué au Soleil que ce projet en cours d'écriture s'intéresse au parcours d'un député dans la quarantaine, représentant d'une circonscription «grosse comme un pays». Pour le moment, aucun acteur n'est attaché à ce projet au titre de travail provisoire et que le principal intéressé garde secret.

Diplômé en science politique et détenteur d'une maîtrise en relations internationales, le cinéaste de 43 ans estime que l'actualité se prête plus que jamais à ce regard sur notre monde politique en pleine mouvance, tant au Québec qu'au Canada.

«Les gens ont montré qu'ils en ont marre de la rigidité des partis politiques et de la langue de bois. Il y a aussi tout le désengagement de l'électeur et du citoyen. Il y a 25 ans, nous avions l'un des taux de participation électorale parmi les plus élevés au monde. On s'en va vers l'un des pires. C'est pas des bonnes nouvelles...»

Falardeau verrait bien son film adopter le style de Bob Roberts, dans lequel Tim Robbins, également réalisateur du film, incarnait le personnage d'un chanteur folk de droite cherchant à se fai-re élire à la présidentielle américaine. «Un heureux mélange d'humour et de politique. Du super slapstick...»

Le dévoilement des détails de ce projet, alors que Monsieur Lazhar n'a pas encore pris l'affiche au Québec, rend le cinéaste un peu mal à l'aise. «Ce n'est surtout pas une stratégie de marketing. Dans le meilleur des mondes, le film se fera peut-être dans trois ans. Il reste toute l'étape du financement sur la base de la qualité du scénario.

«Mais quelque part, poursuit-il, je n'ai pas le choix d'en parler maintenant, sinon il n'y aura rien pour moi [en cinéma] dans trois ans. Je ne travaille pas en télé, car je ne me sens pas à l'aise de tourner 12 pages de scénario par jour. C'est trop vite pour moi. Sur un plateau, j'ai besoin de temps.»

Une chance sur douze

Représentant canadien dans la course à l'Oscar du meilleur film étranger, Falardeau préfère ne pas trop penser à la longue route menant à cet honneur, surtout que la liste des aspirants compte cette année de «très, très grosses pointures».

«Mon père statisticien voit ça d'une façon très froide : 60 pays, cinq nominations, 1 chance sur 12. Mon père ne se bâdre pas de considérations économiques et politiques autour du choix des films...»

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