Cette absence n'était en rien imputable à un quelconque désintérêt de sa part. Depuis quelques années, Brière a consacré presque tout son temps et son énergie au théâtre. Son horaire de travail sur les planches, coulé dans le ciment jusqu'en janvier 2014, lui laissait peu de latitude pour accepter les offres du grand écran.
«C'est un cadeau inouï. Ça répondait à tellement de besoins, explique-t-il. Je n'ai pas eu de rôle au cinéma depuis La grande séduction [en 2003], seulement des caméos, mais rien pour vraiment assouvir mon envie de tourner.»
Qui plus est, ce retour s'effectue devant la caméra d'Émile Gaudreault, le même qui avait signé le scénario de sa première expérience cinématographique, Louis 19 : roi des ondes, il y a 17 ans, où il incarnait le rôle d'un caméraman filmant nuit et jour le quotidien de Martin Drainville.
Le sens de l'humour lui permet de jouer pour la première fois avec Louis-José Houde et Michel Côté. «Louis-José est tellement tripant, fin, simple. Quant à Michel, avec qui j'ai tourné quelques épisodes de La petite vie, on se disait toujours que ce serait agréable de faire un jour quelque chose ensemble.»
Une bonne pâte
De son personnage de l'humoriste Marco, le comédien en parle comme d'une «bonne pâte», qui cherche à soutenir tout le monde. Au premier rang, sa femme en burn-out (Sonia Vachon) et son méfiant comparse de bars, Luc (Houde). «Des deux, c'est lui qui connaît le plus de succès, malgré son humour bon enfant, un peu mononcle...»
«J'ai adoré l'intelligence du texte et la critique de l'humour. Il n'y a pas une môsusse de scène où je n'ai pas une bonne idée à livrer. Rien n'a été laissé au hasard. Il y avait un souci de tous les instants d'aller au fond des choses. On a repris et repris des scènes pour raffiner le rythme, le ton, l'angle. La quantité de pédoche [pellicule] qui est allée aux poubelles...»
Son sens de l'humour, Benoît Brière dit le tenir de sa mère. «Elle et sa famille, c'est drôle ce monde-là... Ma mère était une experte en autodérision. Elle était capable de mettre tout le monde en boîte. La tirade du nez de Cyrano, c'est elle.
«Le sens de l'humour, c'est inné, poursuit-il. Tu l'as ou tu l'as pas. De grands théoriciens se sont penchés sur le sujet. Il y a eu la commedia dell'arte, Feydeau et les autres, mais bien malin celui qui peut dire comment ça fonctionne.»