Solutionner le manque de relève en TI

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Pour Jacques Topping, président de MissionBis, impliqué dans diverses entreprises en TI et ancien président de Réseau ACTION TI de 2008 à 2010, le monde des technologies de l'information a un problème d'image qui nuit au recru tement.

Le Soleil, Steve Deschênes

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Le monde des technologie de l'information, ce n'est pas seulement l'affaire des gestionnaires de parcs informatiques; ce sont des processus de travail, des logiciels pour traiter des masses d'information et même des jeux. Et c'est aussi celui des connexions à distance dans l'infonuagique et toutes les questions de sécurité des données personnelles ou confidentielles. »

Yves Therrien
Le Soleil

(Québec) Le problème de la relève est criant dans le monde des technologies de l'information (TI). Le nombre de diplômés est insuffisant pour combler les besoins qui sont estimés à 7500 pos tes par année d'ici 2014, selon les dernières analyses du Comité sectoriel de main-d'oeuvre en technologies de l'information et des communications (TIC), TECHNOCompétences.

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Pour assurer la relève, l'industrie doit intervenir dans les axes sur lesquels des essais n'ont donné que peu de résultats au cours des dernières années : intéresser les jeunes dès le secondaire pour les attirer dans ce domaine au cégep et à l'université, et attirer des diplômés étrangers.

Photothèque Le Soleil

Pour Jacques Topping, président de MissionBis, impliqué dans diverses entreprises en TI et ancien président de Réseau ACTION TI de 2008 à 2010, le monde des TI a un problème d'image qui nuit au recru­tement.

Trop souvent les jeu­nes qui s'intéressent aux technologies sont attirés par le monde du jeu où ils croient que l'avenir est plus prometteur, surtout plus créatif. Pourtant, souligne M. Topping, les possibilités d'exprimer sa créativité et développer des applications sont tout aussi grandes dans les autres volets de la profession en TI.

Parmi les problèmes d'image, tout le vent de panique autour du bogue de l'an 2000 n'a rien fait pour aider. Et les TI ont mauvaise presse lorsqu'on parle à qui mieux mieux des dépassements de coût pour tel ou tel projet en TI sans que personne ne puisse rétablir les faits parce qu'il n'y a pas de porte-parole qui regroupe tous les gens de la profession comme c'est le cas chez les ingénieurs, les médecins ou les infirmières.

Et même les politiciens s'affichent en public lorsqu'il s'agit du monde du jeu, mais n'osent pas se faire les défenseurs des technologies avec des infrastructures aussi névralgiques que celles de l'État et de ses sociétés com­me Revenu Qué­bec, la Régie de l'assurance maladie, la CSST et d'autres encore qui dépendent de la bonne gestion des technologies de l'information, pas juste du matériel informatique.

Plus encore, M. Topping cons­tate depuis la fin des années 90 que les universités et les cégeps ont fermé des départements et réduit le corps professoral dans les différents secteurs des TI faute d'inscriptions, tout cela malgré les besoins majeurs sur le marché de l'emploi.

Dans les trois axes sur lesquels il estime que l'industrie doit intervenir, des essais ont été faits sans grands résultats au cours des dernières années. «Il faut intéresser les jeunes dès le secondaire pour les attitrer dans ce domaine au cégep et à l'université, poursuit

M. Topping. Et comme deuxième axe d'intervention, au cégep, com­me à l'université, il faut continuer d'attirer les jeunes vers les TI. Et en troisième lieu, il faut attirer des diplômés étrangers ici.»

Toutefois, il admet qu'il y a encore des efforts à faire pour la reconnaissance des compétences des immigrants par les autorités gouvernementales, et qu'il faut des mesures d'intégration des gens en emploi et dans la communauté. Il loue par contre les efforts de Québec international dans ses démarches pour attirer des diplômés étrangers dans la région de Québec.

Se retrousser les manches

«L'organisation des Olympia­des des TI avec des études de cas et d'autres concours, malgré les bour­ses accordées, n'a pas don­né les résultats escomptés pour augmenter les inscriptions, avoue

M. Topping. Mais une initiative avec les raccrocheurs des niveaux du secondaire 3 à 5, à la commission scolaire des Affluents, dans la région de Laval, a eu un bon succès.»

Au lieu de se décourager, M. Topping continue, avec d'autres gens influents du domaine, de mettre de l'avant des initiatives pour susciter des «vocations» en TI, notamment par des bourses à l'inscription en TI par le Fonds Vision Topping, la faculté des sciences de l'administration de l'Université Laval et d'autres partenaires.

Sans association professionnelle à adhésion obligatoire et sans titre réservé, il faut plus d'énergie pour susciter l'intérêt de la relève.

Au Québec, le secteur des technologies de l'information et des communications, qui comprend l'électronique, l'informatique et les télécommunications, regrou­pe 130 000 à 180 000 travailleurs dans 6000 entreprises. Le taux de placement est très élevé avec une perspective de 79 % selon les indices de TECHNOCompétences.

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