Une nouvelle ère pour les ressources humaines

Florent Francoeur, pdg de l'Ordre des conseillers en... (Collaboration spéciale Olivier PontBriand)

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Florent Francoeur, pdg de l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés, prévoit qu'il y aura une grande rareté de candidats de choix dans un avenir rapproché.

Collaboration spéciale Olivier PontBriand

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Le domaine des ressources humaines est en pleine mutation. Ses spécialistes doi­vent être à l'affût des plus récentes façons de faire afin de pouvoir s'ajuster aux nouvelles réalités du marché du travail. »

(Québec) «Quelque part entre 2013 et 2014, il va y avoir plus de gens au Québec qui vont quitter le marché du travail que de gens qui vont arriver sur le marché du travail.» C'est la prémisse de Florent Francoeur, pdg de l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés, pour dire que le domaine des ressources humaines est dans un virage important.

Sans parler de pénurie de main-d'oeuvre généralisée, M. Francoeur souligne toutefois qu'il y aura une grande rareté de candidats de choix, dans les prochaines années. Finie l'époque où l'on n'avait qu'à afficher une offre d'emploi pour recevoir 1000 curriculum vitae.

«Je recevais 1000 CV, j'en triais 50, je rencontrais 10 [candidats] en entrevue, j'en présentais trois au directeur concerné et on en choisissait un, et si ça ne faisait pas, on prenait le suivant», se rappelle-t-il.

Maintenant, le recrutement est plus complexe, et les rôles sont inversés : c'est souvent le candidat qui passera des employeurs en entrevue. Il a le «gros bout du bâton», et l'employeur doit trouver les moyens de se démarquer, particulièrement dans une ville comme Québec, qui frôle le plein-emploi.

C'est ainsi que les entreprises doivent dès maintenant amorcer le virage. «Si aujourd'hui, au moment où l'on se parle, vous n'êtes pas capables d'attirer les bons candidats, vous êtes vraiment dans le trouble pour les prochaines années», prévient Florent Francoeur.

On arrive à un moment dans la profession où les rapports de force changent et où toutes les façons de faire d'hier sont en train de disparaître pour de nouvelles, explique-t-il.

On cherchera des personnes pour entrer dans l'équipe, plutôt que des candidats pour occuper un poste bien défini. «On embauche de moins en moins pour le poste, et de plus en plus pour l'entreprise.» Car les postes subissent des mutations, et les personnes qui les occupent doivent facilement pouvoir s'adapter.

Être un bon employeur

Avant d'attirer des ressources humaines, il faut d'abord savoir retenir celles qu'on possède déjà. Et une façon de faire est d'être un bon employeur... et que ça se sache.

«La question d'être un bon employeur prend de plus en plus de place», remarque Florent Francoeur. Les concours en ce sens se multiplient. Les employés des entreprises en lice devront souvent remplir un questionnaire sur leur niveau de satisfaction à l'égard de leur emploi. Cette façon de faire fait de plus en plus partie des stratégies actuelles de recrutement.

Car les candidats qui arrivent en entrevue savent déjà ce qui se dit de l'entreprise, et connaissent parfois même des raisons pour lesquelles les employés qui sont partis l'ont fait.

Dans une ère où tout se sait, ou presque, les bons coups d'une entreprise autant que les moins bons coups auront ainsi des répercussions fortes sur le recrutement.

«Je dis souvent aux entreprises : «Avant de commencer à vous promener dans les salons de recrutement, allez donc commencer à regarder sur Internet ce qui se dit à votre propos»», suggère M. Francoeur.

Si votre compagnie est identifiée par la Commission de la santé et de la sécurité du travail ou la Commission des normes du travail comme un employeur délinquant, ça risque de faire fuir bien des candidats de qualité. Il faudra donc tâcher de corriger cette image avant toute chose.

À l'inverse, d'autres auront entendu parler de primes intéressantes, et certains seront attirés par une entreprise qui a un bon bilan environnemental. Par un bon dirigeant citoyen.

Ainsi, pour attirer des candidats, les entreprises doivent «travaille[r] beaucoup plus en amont qu'avant». Il faut d'abord rendre l'entreprise attrayante. La recherche d'employés en sera ensuite grandement facilitée.

>> L'EMPLOYEUR CHERCHE...

Le savoir: quelqu'un qui a les connaissances pour occuper un poste.

Le savoir-être: des qualités de bon communicateur sont de plus en plus nécessaires en milieu de travail. Le travail à la chaîne a laissé place à du travail en équipe.

La capacité de progresser dans l'organisation: un poste occupé peut changer rapidement, et l'employé devra être apte à s'adapter.

>> L'EMPLOYÉ CHERCHE...

Les défis: il faut que l'entreprise puisse offrir des défis et que les possibilités d'avancer dans l'organisation soient grandes. Ce critère a dépassé celui du salaire, selon Florent Francoeur.

Le milieu de travail: le climat et les conditions de travail sont des critères devenus essentiels, notamment pour les jeunes générations.

La rémunération: le candidat a généralement une bonne idée de la valeur d'un emploi avant même l'entrevue. Au lieu du simple salaire, on parle maintenant davantage de rémunération globale, incluant une palette d'avantages sociaux.

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