Côte-Nord: des choix déchirants

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Bernard «Rambo» Gauthier porte depuis peu le manifeste de la Côte-Nord, une déclaration écrite faisant état de huit exigences formulées à Québec.

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Devant le mécontentement suscité par certains choix politiques du gouvernement du Québec, la Fédération québécoise des municipalités tient le 2 juin à Québec un Grand Rendez-vous des régions pour maintenir la mobilisation des régions et «faire passer des messages» au gouvernement Couillard. Quelque 400 élus municipaux de toutes les régions y sont attendus. »

<p>Fanny Lévesque</p>
Fanny Lévesque

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Sept-Îles) À l'heure où Québec s'apprête à redéfinir ses relations avec les villes et leur donner plus de pouvoirs, les municipalités de la Côte-Nord craignent de devoir porter l'odieux de choix déchirants dans le contexte de la cure minceur de l'État.

«On n'est pas dupes, on voit venir les choses et effectivement, il y a des inquiétudes à y avoir», a lancé la préfète de La Haute-Côte-Nord, Micheline Anctil. «Est-ce qu'on va nous transférer des responsabilités sans moyens? Si oui, c'est un cul-de-sac majeur», a poursuivi la mairesse de Forestville et présidente de l'Assemblée des MRC de la Côte-Nord, organisme qui remplace la Conférence régionale des élus.

Elle n'est pas la seule à dire oui à de nouveaux pouvoirs, à condition que les moyens financiers soient suffisants pour les assumer. À l'est du territoire, le préfet de la Minganie pense la même chose. «Va falloir que les enveloppes suivent pour asseoir notre développement régional», prévient Luc Noël, qui se préoccupe de la perte de leviers de développement déterminants en Minganie.

Selon lui, l'abolition récente des centres locaux de développement (CLD) et des Forums jeunesse par exemple, frappe plus durement les régions éloignées comme la sienne. «On dirait qu'il y a une méconnaissance des régions rurales, tout est axé en fonction des grandes villes [...] Il y a des choses qu'on ne permettrait pas à Québec ou à Montréal, mais qu'on permet en Minganie. Il faut continuellement se battre pour des évidences.»

Des règles adaptées

L'un des souhaits chers aux élus nord-côtiers dans la réforme de la gouvernance municipale, c'est que le gouvernement assouplisse les règles et mette un terme aux politiques fiscales applicables à tout le Québec. «Qu'on fasse des modulations selon des critères d'application des territoires, qu'on tienne compte des particularités locales et régionales», affirme Mme Anctil.

La liste de programmes d'aide gouvernementale qui ne collent pas aux réalités de la Côte-Nord est longue, selon elle. «Voici un exemple simple, pour un programme de mise en valeur du milieu forestier, les dates pour exécuter les travaux sont les mêmes partout, mais ici, on ne peut pas commencer parce que le sol est encore gelé! Mais, juste modifier ça, c'est une bataille à ne plus finir», déplore la préfète.

Les élus s'inquiètent d'ailleurs de l'exode de directions régionales de certains ministères vers d'autres régions. «La planification forestière d'Anticosti se fait à Caplan en Gaspésie», soulève Luc Noël. «Alors vous voyez que les leviers se trouvent assez loin d'où ils devraient être pour qu'on prenne des décisions qui reflètent vraiment le développement qu'on veut faire.»

Vent d'optimisme

Dans la MRC de Sept-Rivières, qui regroupe Sept-Îles et Port-Cartier, la préfète garde espoir que Québec «retravaille son déploiement» régional. «Une fois la nouvelle gouvernance installée, le gouvernement pourrait regarder pour des modèles qui conviendraient beaucoup mieux à la Côte-Nord», a dit Violaine Doyle. Tout comme ses collègues de la haute et moyenne Côte-Nord, Mme Doyle accueille avec enthousiasme la reconnaissance des gouvernements de proximité, mais s'attend aussi à ce que les dollars «reviennent sur notre table». La nouvelle gouvernance municipale sera dit-elle, «génératrice d'une saine discussion» entre les villes d'une même MRC «en fonction du bien de la majorité».

Manifeste

La Côte-Nord défend depuis plusieurs années son statut particulier avec ses quelque 1300 kilomètres de littoral. Le bien connu leader syndical Bernard «Rambo» Gauthier porte depuis peu le manifeste de la Côte-Nord, une déclaration écrite faisant état de huit exigences formulées à Québec.

Hormis les préoccupations sur les retombées régionales de l'industrie de la construction, le document reprend les priorités formulées par les élus régionaux, comme le maintien de la prime de rétention de 8 % offerte aux travailleurs de l'État de Sept-Îles et Port-Cartier, la fin de l'exode des directions régionales des ministères et des politiques mur-à-mur.

Fruit d'une concertation entre le milieu économique, les travailleurs et les Innus, le manifeste a retenu l'attention de l'Assemblée des MRC de la Côte-Nord, qui planche sur le document afin qu'il «ressemble et prenne les mots et les priorités que tout le monde consent à mettre dedans», a expliqué la présidente, Micheline Anctil. «On chemine vers un manifeste qui soit bien représentatif [...] C'est toute la Côte-Nord qui va le porter par la suite.»

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