Une recherche fondamentale

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Quatre grands thèmes auxquels s'intéressent les chercheurs du CRI se distinguent particulièrement. Il s'agit du virus de la grippe, du VIH (virus de l'immunodéficience humaine), du parasite Leishmania et de la résistance aux antimicrobiens.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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ZONE Recherche en infectiologie

Santé

ZONE Recherche en infectiologie

Le modeste laboratoire ouvert en 1974 à Québec est devenu aujourd'hui le Centre de recherche en infectiologie, un lieu reconnu mondialement pour ses avancées médicales et scientifiques. Retour sur ce centre et les 40 ans d'audace de l'équipe qui l'anime toujours. »

<p>Camille B. Vincent</p>
Camille B. Vincent

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Grâce à son équipe chevronnée de 25 chercheurs, le CRI contribue depuis 40 ans au progrès médical mondial en maladies infectieuses. Parmi les grands thèmes auxquels s'intéressent ces chercheurs, quatre se distinguent particulièrement par leur importance au sein du Centre. Il s'agit du virus de la grippe, du VIH (virus de l'immunodéficience humaine), du parasite Leishmania et de la résistance aux antimicrobiens.

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Le Dr Guy Boivin

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Le Dr Denis Leclerc

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> Virus de la grippe: vers un vaccin universel

Situation: À l'échelle mondiale, la grippe saisonnière provoque chaque année de trois à cinq millions de cas de maladies graves, et de 250 000 à 500 000 décès. Au Canada, ça représente annuellement près de 12 200 hospitalisations et environ 3500 décès.

Sources: Organisation mondiale de la santé et Agence de la santé publique du Canada

Le chercheur du CRI Guy Boivin déplore le manque d'approche proactive dans la recherche sur la grippe. Selon lui, il serait par exemple possible de mieux prévoir les souches grippales qui infecteront les humains en observant ce qui se passe chez les animaux. «Il y a de la recherche vétérinaire et de la recherche chez l'humain, mais les deux ne collaborent pas.»

En ce qui a trait à la grippe saisonnière, il est selon lui primordial de réduire le délai entre l'identification des souches grippales qui causent des infections et la production du vaccin qui leur sont associées. «Et ça, c'est en attendant d'avoir un vaccin universel», précise-t-il.

Et un vaccin universel contre la grippe, c'est justement ce sur quoi travaille le chercheur Denis Leclerc au CRI. Sa technologie : un adjuvant (une substance stimulant la réponse immunitaire) qui imite le comportement du virus de la grippe dans la cellule infectée. Le système immunitaire réagit ainsi comme s'il était infecté par une souche grippale. «Mais c'est un leurre!» précise le Dr Leclerc.

Depuis ses balbutiements, l'innovation du Dr Leclerc a fait du chemin. Son projet, qui entre actuellement dans la phase clinique de ses tests de faisabilité, est en effet à l'origine de l'entreprise Folia Biotech Inc., fondée en 2008 dans le Parc technologique du Québec métropolitain.

«Ce qui m'intéressait dans la vaccination, c'est que cette intervention médicale est de loin la plus efficace et la moins chère! La vaccination a réussi à éradiquer des maladies de la surface de la planète. La variole n'existe plus aujourd'hui. C'est hallucinant!» À quand l'adjuvant du Dr Leclerc sur les tablettes? «Si tout va bien, ça devrait prendre au moins 8 à 10 ans.»

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Le Dr Michel J. Tremblay

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> VIH: la chasse aux virus cachés

Situation: En 2012, plus de 35 millions de personnes étaient atteintes du VIH dans le monde. Depuis les premières manifestations de ce virus dans les années 1970, près de 75 millions de personnes en ont été infectées, et 36 millions d'entre elles en sont mortes. Au Canada, 71 300 personnes vivaient avec le VIH en 2011, soit environ 0,2 % de la population canadienne. Parmi ces personnes infectées, le quart n'en était pas conscientes.

Sources: ONUSIDA, Agence de la santé publique du Canada et Organisation mondiale de la santé

«Actuellement, la thérapie contre le VIH est très efficace. Si quelqu'un est infecté maintenant, le traitement lui permettra d'avoir une espérance de vie égale à quelqu'un qui n'est pas infecté», explique le Dr Michel J. Tremblay, spécialiste du VIH au CRI. Malgré ces progrès considérables, beaucoup reste à faire pour vaincre cet ingénieux virus qui cause le sida (syndrome de l'immunodéficience acquise), une maladie dont on ne guérit pas actuellement.

Dans le laboratoire du Dr Tremblay, on cherche à comprendre ce qui se passe dans une cellule en santé lorsqu'elle est infectée par le VIH. Aujourd'hui, on sait que le virus peut demeurer latent - ou caché - dans des endroits spécifiques de la cellule. Ça lui permet d'échapper au système immunitaire. Dans ce cas, le virus ne peut pas infecter d'autres cellules; les individus sont alors porteurs. «Le virus peut demeurer dans ces réservoirs pendant des dizaines d'années, ce qui fait qu'on est obligé de continuer à traiter le patient», souligne le Dr Tremblay. C'est d'ailleurs cette forme latente du virus qui empêche les gens infectés d'en guérir.

Actuellement, beaucoup de chercheurs tentent d'identifier ces réservoirs pour forcer le virus à sortir de sa latence et l'éliminer complètement. Dans le laboratoire du Dr Tremblay, on tente de démontrer que les macrophages, des cellules impliquées dans la réponse immunitaire, constituent un de ces réservoirs.

L'équipe du Dr Tremblay met également la main à la pâte dans un projet de vaccin contre le VIH. «Un vaccin préventif, ça va être difficile, mais un vaccin curatif, on pense que c'est possible!»

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La Dre Barbara Papadopoulou

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> Parasite Leishmania: une expertise bien de chez nous

Situation: La leishmaniose viscérale, aussi connue sous le nom de fièvre noire, est l'infection la plus grave causée par le parasite Leishmania. Elle fait plus de 20 000 morts par année dans le monde, et touche actuellement 300 000 personnes, principalement en Inde, en Iran, au Soudan et au Brésil. En s'attaquant notamment à la rate et au foie, la leishmaniose viscérale est létale si non traitée. Les leishmanioses cutanée et mucocutanée, les formes bénignes de la maladie, infectent quant à elles jusqu'à 1,2 million de personnes par année. Les infections au Leishmania, notamment associées à la malnutrition, aux mauvaises conditions de logement et aux systèmes immunitaires fragiles, sont transmises à l'humain par le phlébotome (ou mouche des sables).

Source: Organisation mondiale de la santé

Lexique: La leishmaniose est définie comme étant toute infection causée par un parasite du genre Leishmania. Il existe plus de 20 espèces de Leishmania pouvant infecter les humains.

«Après la malaria, la leishmaniose viscérale est l'infection parasitaire qui tue le plus de personnes à travers le monde», affirme Barbara Papadopoulou, chercheuse au CRI.

Afin de contribuer à la lutte contre cette infection mortelle, l'équipe de la Dre Papadopoulou a mis au point un vaccin utilisant une espèce de Leishmania non pathogène chez l'humain. Cette espèce, appelée Leishmania tarentolae, est très apparentée à Leishmania donovani, qui cause la forme viscérale de l'infection.

La réponse immunitaire provoquée par le vaccin de la Dre Papadopoulou ressemble donc en tout point à celle que cause la leishmaniose viscérale, ce qui permet de prévenir une réelle infection par Leishmania. «L'idée était simple, mais personne n'y avait pensé auparavant», souligne la chercheuse.

Éventuellement, une étude clinique (faite sur des humains) pourrait être lancée dans des régions endémiques afin de vérifier l'efficacité du vaccin.

Jusqu'en 2010, le CRI hébergeait un groupe de recherche sur Leishmania, financé par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).

Même s'il était reconnu mondialement comme une force en recherche sur Leishmania, le groupe a été aboli en 2010, lorsque les IRSC ont cessé de le financer.

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Le Dr Marc Ouellette

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Le Dr Paul H. Roy

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

> Résistance aux antimicrobiens: infections mineures redevenues mortelles

Situation: Publié en avril 2014, le premier rapport de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la résistance aux antimicrobiens révèle que «cette grave menace n'est plus une prévision, mais bien une réalité dans chaque région du monde». Selon le Dr Keiji Fukuda, sous-directeur général de l'OMS pour la sécurité sanitaire, «à moins que les nombreux acteurs concernés agissent d'urgence, de manière coordonnée, le monde s'achemine vers une ère postantibiotique, où des infections courantes et des blessures mineures qui ont été soignées depuis des décennies pourraient à nouveau tuer».

Lexique: Les antimicrobiens sont des médicaments qui tuent ou ralentissent la croissance des microbes. Les antimicrobiens incluent les antibiotiques, les antiviraux, les antifongiques et les antiparasitaires.

Les chercheurs Paul H. Roy et Marc Ouellette - ancien  étudiant gradué du Dr Roy - tentent de mieux comprendre les mécanismes de résistance aux antimicrobiens.

L'utilité de telles recherches? «Ça peut servir à utiliser des meilleures combinaisons de médicaments pour contourner les mécanismes de résistance, et ça peut servir au développement de nouveaux antimicrobiens», précise le Dr Marc Ouellette qui, en plus d'être chercheur, agit comme directeur scientifique aux Instituts de recherche en santé du Canada.

«Au Canada, la résistance aux antibiotiques n'est pas encore si importante que ça. Mais dans certains pays d'Europe, [...] on en arrive à certains cas où il ne reste presque plus rien pour traiter.»

Même si les microorganismes semblent l'emporter actuellement sur les antimicrobiens, les compagnies pharmaceutiques doivent poursuivre leurs recherches de nouvelles molécules antimicrobiennes, selon le Dr Roy. «La vie utile d'un antibiotique [temps durant lequel il est efficace contre la bactérie] peut tout de même être de 15 à 20 ans.»

Pour gagner la guerre contre les microorganismes, une chose est certaine : les antimicrobiens devront être utilisés plus judicieusement. Et selon le Dr Roy, ça passe notamment par l'interdiction d'utiliser des antibiotiques comme promoteurs de croissance chez les animaux, car «cette pratique ne fait que répandre la résistance encore plus rapidement».

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