Au long de sa carrière de 44 années à Radio-Canada, Bernard Derome a assisté et participé à l'évolution de la télé publique.
«Je l'ai vue grandir et je peux témoigner de l'impact que ç'a eu et que ça continue d'avoir sur les francophones et sur la démocratie, souligne-t-il. Seulement par la diversité des voix qui est offerte, surtout dans le monde dans lequel nous vivons, Radio-Canada offre un endroit où il est encore possible de réfléchir et de mettre les choses en contexte.»
M. Derome voit en l'institution un point de référence, un point d'ancrage pour les citoyens, autant pour la sauvegarde de la langue que pour la qualité de l'information. «Radio-Canada est LA référence en termes de rigueur et de diversité, les gens le savent et s'y identifient. Et ce n'est pas que pour l'information. Il faut être conscient de tout ce qui est offert, toutes les chaînes télé, Espace monde, Espace musique, le Web, etc.»
Celui-ci convient qu'en des temps économiques plus difficiles, il y a des choix à faire, mais il souhaiterait que Radio-Canada soit peu touchée.
«Il nous faut une télé et une radio généralistes de cette qualité. C'est essentiel, on ne peut pas se passer de ça, surtout pour l'importance qu'elles ont sur notre vie démocratique. Pensons seulement aux correspondants à l'étranger, à leur travail lors des catastrophes en Haïti, au Japon, lors du Printemps arabe. C'est nous qui sommes là. J'accepte la critique, c'est sain, mais le CBC bashing auquel on assiste de temps à autre, c'est trop facile», conclut Bernard Derome, en ajoutant que ce n'est pas d'hier que la société d'État a maille à partir avec les gouvernements, citant entre autres celui de Pierre Elliott Trudeau, qui avait qualifié Radio-Canada de nid de séparatistes.