Internet physique: pour des lendemains responsables

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Québec, ville intelligente
Québec, ville intelligente

Découvrez les atouts que Québec met en évidence dans l'espoir d'obtenir la reconnaissance internationale de «ville intelligente 2012» qui sera décernée en juin par l'Intelligent Community Forum. Pas moins de 400 villes ont soumis un dossier de candidature pour espérer décrocher le titre convoité de ce prestigieux palmarès. »

Benoît Montreuil, titulaire de la Chaire de recherche... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Benoît Montreuil, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en ingénierie d'entreprises à l'Université Laval, souhaite faire de Québec une sorte de modèle mondial d'Internet physique.

Le Soleil, Patrice Laroche

Sophie Gall
Le Soleil

(Québec) Après Internet digital (celui que tout le monde connaît), voici Internet physique, un concept sur lequel travaille Benoît Montreuil, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en ingénierie d'entreprises à l'Université Laval.

«Partout dans le monde, tout ce qu'on appelle logistique, transport, approvisionnement est insoutenable d'un point de vue éco-socio-environnemental», affirme le chercheur qui prend souvent pour exemple les camions et les conteneurs qu'on remplit majoritairement d'air et d'emballages et qui parcourent le monde. À l'échelle des villes, cette aberration se mesure, entre autres, avec le flux de matières qui entrent et qui sortent. Ça va de la canne de tomates aux chaussures, en passant par les médicaments. «C'est un cauchemar dans toutes les grandes villes du monde», renchérit M. Montreuil.

«Avec l'Internet physique, on va virer ça de bord», lance-t-il.

Internet digital ne transporte pas de l'info brute, mais plutôt des infos encodées et structurées. Le système utilise un vaste réseau uniformisé qui permet à un courriel de partir de Québec pour aller à Shanghai en un rien de temps, efficacement et sans altération. «On veut faire la même chose avec les objets physiques», explique Benoît Montreuil.

Réseau mondial

L'idée est de créer un réseau mondial uniformisé pour permettre une logistique d'approvisionnement efficace à tout point de vue. Des contenants modulaires intelligents utilisés partout dans le monde pourront être stockés dans des centres de distribution ouverts à toutes les compagnies. Actuellement, chaque compagnie a ses propres centres de distribution, ses propres camions. Prenons un exemple : avec Internet physique, les produits de Nestlé n'iraient plus dans les centres de distribution appartenant à Nestlé, qui peuvent être situés loin du point de livraison. Ils iraient dans les centres de distribution ouverts proches de ce point de livraison, limitant ainsi le va-et-vient de marchandises. Idem pour le transport de ces biens depuis les centres de distribution vers le point de livraison : fini le camion à moitié plein ne transportant que les produits Nestlé. On optimise chaque déplacement grâce à un réseau mixte et structuré.

À l'échelle de la ville de Québec, il faudrait imaginer que quelques grands centres de distribution soient implantés en périphérie, et qu'on décide du moyen le plus approprié à notre espace urbain pour disperser la marchandise. «On pourrait mieux utiliser le fleuve, l'aéroport, souligne l'expert. Mais il y a toutes sortes de moyens de convoyer la marchandise; il y a les camions, les monorails, le souterrain...» M. Montreuil voudrait faire de Québec une sorte de modèle mondial d'Internet physique. Mais pour ça, il faut penser la mobilité non seulement en termes humains, mais aussi en termes de ressources. «On parle beaucoup de tramway à Québec, mais pourquoi ne le penser qu'en fonction des déplacements des personnes? Pourquoi ne pas utiliser cette infrastructure pour la distribution? Il y a des bus vides selon les heures de la journée, pourquoi ne pas optimaliser cet espace?» Un système pensé et adapté rendrait la grande distribution harmonieuse, efficace et socialement acceptable. Car nous sommes de plus en plus nombreux, à être toujours plus exigeants sur la rapidité et la qualité des services que l'on sollicite.

L'Université Laval, un atout précieux

L'Université Laval (UL), en tant qu'infrastructure d'innovations, de recherches et de réflexions, est un atout pour Québec dans sa course vers le titre de ville intelligente. «On a des chercheurs réputés internationalement qui travaillent sur les innovations technologiques, les matériaux de demain qui vont permettre une meilleure connectivité, sur la logistique du transport ou les réseaux intelligents, la géospatiale et la planification urbaine, sur la gestion de l'énergie, sur l'incidence du numérique dans nos vies...» explique Marie-Andrée Doran, directrice de l'Institut Technologies de l'information et Sociétés (ITIS).

Autant de démarches structurantes qui rendent la candidature de Québec intéressante aux yeux de l'Intelligent Community Forum (ICF). Mais cette intelligence n'existe pas sans le maillage entre les chercheurs eux-mêmes, la Ville de Québec et ses entreprises. Or à Québec, ce maillage s'avère très fertile, selon Mme Doran.

Une ville intelligente doit aussi avoir à coeur ses citoyens et doit travailler à l'acceptabilité sociale des changements qu'implique un tel titre. L'UL est la seule université au Canada à avoir un ITIS qui fédère les chercheurs. Elle est aussi la première au Canada à tenir un colloque sur les villes intelligentes et durables, le 25 avril (programmation au www.itis.ulaval.ca).

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