René Bégin: dernier souffle serein

René Bégin, président et chef de la direction... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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René Bégin, président et chef de la direction de la firme Lemieux-Nolet

Le Soleil, Patrice Laroche

Sophie Gall
Le Soleil

(Québec) Chez Lemieux-Nolet, s'engager dans la collectivité est une philosophie. «Et ça va au-delà du développement des affaires», insiste René Bégin, président et chef de la direction de la firme comptable.

Entre 1985 et 1997, il a eu plusieurs rôles dans le C. A. du Carnaval de Québec. «Je voulais participer à dynamiser l'hiver québécois», lance l'homme de 48 ans.

En étant trésorier au sein du C. A. de la maison de soins palliatifs Le Littoral, à Lévis, il avait à coeur le développement du bien-être de son milieu. La maison a ouvert en novembre 2011. M. Bégin a participé aux étapes préliminaires qui ont mené à la réussite de ce projet.

«Souvent, on croit que les comptables s'engagent parce qu'ils voient les contrats que ça peut amener, explique-t-il. Oui, parfois, ça en amène. Mais on ne s'engage pas pour ça.»

M. Bégin ne cherche pas la cause à soutenir, à aider; c'est la cause qui vient à lui, et c'est le coeur qui décide.

L'aura de la mort

Le prédécesseur et associé de M. Bégin, André Lemieux, est décédé d'un cancer. «Le matin où j'ai appris sa mort, il y avait une soirée-bénéfice pour la Maison Michel-Sarrazin [maison de soins palliatifs pour les personnes atteintes du cancer]. J'y ai rencontré deux personnes qui travaillaient sur le projet du Littoral et ils m'ont proposé d'embarquer. Comment dire non à une telle requête, dans un tel contexte?»

Bien entendu, en tant que trésorier, il participe à la saine gestion financière du Littoral, mais il fait bien plus. Il y a la communication, les ressources humaines, les souscriptions et la connaissance des enjeux liés à la santé. «Mais surtout, il y a les valeurs, le climat qu'on veut donner au lieu, relate M. Bégin. On travaille avec la mort; quand on est autour de la table, il y a l'aura de la mort qui influence nos décisions. Ça replace les valeurs humaines à la bonne place.»

«Oui, un comptable, ça peut être capitaliste, mais c'est pas grave, faire de l'argent. Pour moi, l'argent sert à se payer du bien-être collectif.»

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