V.I.A. est une entreprise de tri de matières recyclables. Tout ce qui est dans votre bac bleu se retrouve dans un des centres de tri de V.I.A. et est classé. Le carton avec le carton, le plastique avec le plastique, etc. Mais V.I.A., c'est aussi une entreprise adaptée.
Dans le jargon, cela signifie qu'elle a une mission sociale, soit de fournir des emplois à des personnes connaissant une limite sur le plan mental ou physique, en plus de sa mission environnementale. Sur 220 employés répartis dans les trois centres de tri gérés par V.I.A. (Lévis, Québec, Rivière-du-Loup et bientôt Rimouski), 60 % ont un handicap.
André Poitras est fier de dire que la philosophie de l'entreprise en ce qui a trait à la gestion des ressources humaines est unique.
«Tous les employés sont comme des propriétaires puisque les bénéfices vont à l'entreprise et non pas au propriétaire ou au patron. Ce n'est pas du tous pour un», explique-t-il.
Tous les employés profitent de primes, d'activités sociales fréquentes, d'encadrement et de formations de toutes sortes qui leur permettent perfectionnement et avancement professionnel.
«Nos employés sont heureux, il y a un esprit d'appartenance et ils se sentent valorisés, ajoute M. Poitras. On est attentifs aux conditions de travail qu'on tente d'améliorer régulièrement. Et on s'ajuste aux obligations des uns et des autres, si un employé ne peut travailler que trois jours [par semaine], on va le faire travailler trois jours, on va pas le remercier et en embaucher un autre.»
Grâce à tout cela, V.I.A bénéficie d'une main d'oeuvre engagée et productive. En juin 2009, quand V.I.A a pris la gestion du centre de tri de Québec, la relation entre le patronat et les employés était chancelante. André Poitras se souvient que depuis le changement de gestionnaire, aucun grief n'a été adressé à la direction par le syndicat.
«La convention collective a été réglée trois mois avant qu'elle ne se termine, lance-t-il. Si ton conjoint est la personne la plus importante dans ta vie, tu le laisseras pas trois jours sur le trottoir! C'est la même chose avec les employés!»
André Poitras a du personnel qui veut être productif et qui veut améliorer ses conditions de travail; il se fait un honneur de répondre à cela.
Bien s'entourer
La gestion des ressources humaines est une réussite chez V.I.A., et améliore la productivité de l'entreprise, mais ça ne se fait pas tout seul. «Il ne faut pas avoir peur d'engager du monde qui coûte cher mais qui est compétent, raconte M. Poitras. Pour gérer les employés, faut pas juste quelqu'un qui a de l'entregent.»
Comme pour les ressources humaines, il faut savoir bien s'entourer sur les plans du financement, des structures, de la mécanisation, de la formation.
«Quand tu as une productivité galopante et que tu ne cours pas assez vite pour suivre le train, tu dois engager quelqu'un qui court plus vite que toi», illustre M. Poitras.
Par exemple, à la suite des différentes phases de mécanisation de l'entreprise, il a fallu engager des ingénieurs et des mécaniciens industriels qui assurent le bon fonctionnement de la machinerie qui trie les matières recyclables.
«Avant, ça se faisait manuellement, sur des grandes tables. Mais la productivité doit toujours être croissante, donc faut aller de plus en plus vite, les machines sont nécessaires.»
Aller plus vite ne veut toutefois pas dire lésiner sur la qualité. Le contrôle de la qualité est nécessaire et ne peut être fait que par des employés. Chez V.I.A., la mécanisation, qui permet de produire plus, va de pair avec une augmentation de la main-d'oeuvre. En 1992, V.I.A. traitait 6674 tonnes de matières recyclables par année; aujourd'hui, l'entreprise en traite 103 600 tonnes. Selon M. Poitras, «c'est cinq tonnes de matières toutes les six minutes».
En 1992, V.I.A. comptait une centaine d'employés, contre 220 aujourd'hui.
Le leitmotiv d'André Poitras, c'est «être en avance». Avoir une philosophie de gestion des ressources humaines en avance sur son temps et, sur le plan technique, être aussi en avance, plutôt qu'être à jour. La demande, en termes de recyclage, est grandissante. Il faut savoir anticiper et planifier.
V.I.A. travaille donc selon des plans quinquennaux pour s'assurer un meilleur développement et une productivité croissante. «Question volume, selon les plans, on devrait doubler d'ici cinq ans, explique le directeur de V.I.A., statistiques à l'appui. C'est bien parti, on est en avance sur notre première année», dit-il avec un large sourire.
>> Société V.I.A., 1200, rue des Riveurs, Lévis (Québec), www.societevia.com
Le siège social est à Lévis. V.I.A gère les centres de tri de Québec, de Rivière-du-Loup et bientôt de Rimouski. Le territoire desservi va de la grande région de Québec à la Côte-Nord, en passant par le Témiscouata, Bellechasse, la Rive-Sud de Québec, la Beauce.
V.I.A. dessert 170 municipalités, une vingtaine de grandes entreprises et près de un million de citoyens. V.I.A. trie les matières recyclables et les revend à des entreprises de transformation. L'entreprise de tri V.I.A. fournit un emploi à des personnes aux prises avec une limitation mentale ou physique.