Hugues Foltz, directeur d'Ellicom, a une formation de consultant en génie industriel et en management. En 2002, avec quelques collègues, il dessine le projet de formation en ligne, positionne ses pions, fait des études de marché. «Au début, on a construit ça avec des petits moyens», dit-il. Mais la persévérance et les agissements stratégiques ont fini par faire croître l'entreprise.
Aujourd'hui, les clients d'Ellicom sont nul autre que Loto-Québec, la SAQ, Bombardier, Hydro-Québec, etc. «Ça a démarré fort quand ING Assurance a été notre client fin 2005, se souvient H. Foltz. Après, tout a déboulé.»
«La croissance, oui, mais pas à tout prix.» C'est ce que se disait Hugues Foltz au début. Il fallait opérer judicieusement. «D'abord, il faut avoir une vision claire de ce qu'on veut faire, puis, il faut bien s'entourer. Ellicom ne serait pas ce qu'elle est sans son équipe de direction», affirme M. Foltz. Rassembler les bonnes personnes, qui partagent une vision et des valeurs communes, est un impératif.
Les employés sont triés sur le volet. Les pédagogues engagés par Ellicom ont tous deux maîtrises ou un doctorat. «C'est un vrai défi pour les jeunes entreprises d'avoir une main-d'oeuvre qualifiée.» Plus les gens seront compétents et dignes de confiance, plus le produit ou le service offert sera de qualité.
«Il faut aussi lire, se former, se renseigner sur ce qu'ont été les succès des grands avant nous», renchérit Foltz.
«Mais il faut aussi s'écouter, écouter les autres, se fier à son flair, suivre son intuition, ajoute-t-il. C'est la matière première. Les outils les plus précieux pour une jeune entreprise, c'est la passion des gens et la sienne.»
Tout cela ajouté à une saine gestion des finances, et la recette marche... à tout le moins jusqu'à ce qu'une période de décroissance ne survienne. Ellicom n'en a pas encore connu, «mais statistiquement, il y en aura», concède Hugues Foltz. Autant les prévoir. «Pour les temps morts, on a déjà des plans pour des projets prêts à être cannés.» Lui-même le dit, il ne faut pas se laisser griser par le succès, il faut avoir des antennes, être à l'écoute de son entreprise. «Il faut voir au-delà du tout va bien.»
Et quand tout va bien, c'est là que le mal peut frapper. Une courbe de croissance trop raide peut s'avérer glissante. «Les liquidités, c'est le nerf de la guerre», dit M. Foltz en évoquant ce piège dans lequel il a failli tomber malgré une gestion saine des finances. «Dans le domaine du service, tu es payé quand le travail est fait.» L'argent sort, mais les rentrées d'argent prévues n'arrivent pas aussi vite qu'on le souhaiterait.
Aujourd'hui, Ellicom a des bureaux à plusieurs endroits. «Avoir plusieurs bureaux permet un recrutement plus large.» La croissance engendre la croissance.
Le conseil que donnerait Hugues Foltz aux jeunes entrepreneurs, c'est d'arrêter d'attendre. «Le pire frein d'un entrepreneur, c'est lui-même.»
«Aller chercher des prix, c'est une bonne idée aussi. Ça rassure les clients. Et pour remporter un prix, il faut bien travailler, c'est un moteur», lance M. Foltz, qui vient de remporter le prix du Jeune entrepreneur du Québec 2011. Une statuette qui s'est ajoutée à de nombreuses autres distinctions.