«On était dans une zone grise»

Alexandre Ung a commencé à travailler en pharmacie... (cCollaboration spéciale, Gabrielle Thibault-Delorme)

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Alexandre Ung a commencé à travailler en pharmacie comme commis. Aujourd'hui pharmacien propriétaire, c'est lui qui détermine si un commis a le potentiel pour travailler derrière le comptoi.

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Gabrielle Thibault-Delorme

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) «Le fait de pouvoir prescrire est une révolution dans le domaine de la pharmacie. Si on peut libérer nos médecins, moi je suis très content», affirme Alexandre Ung, pharmacien propriétaire à Lac Saint-Charles, dans la région de la capitale.

Certaines conditions, comme le muguet par exemple, peuvent aisément être prises en charge en pharmacie, surtout qu'elles se «diagnostiquent» aisément, explique-t-il.

Il se réjouit également de pouvoir prolonger des ordonnances pour des patients dans le besoin. «On était dans une zone grise. Déontologiquement, on ne peut laisser un patient sans une médication vitale, mais d'un autre côté, il me fallait un ordre pour lui donner. En général, on penchait du côté du patient.» Avec l'entrée en vigueur des nouveaux actes, cette zone grise a été réglementée.

Simplifier la vie

Cela a simplifié la vie de bien des patients. Dans la couronne nord de Québec, précise M. Ung, il y a une pénurie de médecins. Deux ont pris leur retraite, deux autres la prendront sou peu. Plusieurs patients se sont retrouvés orphelins. «En attendant qu'ils puissent trouver un médecin de famille, on a dû prolonger leurs ordonnances.»

Ce qui est embêtant, dit-il, «c'est que l'acte de prolongation demande un suivi, ce qui limite souvent l'acte.» Certains devront alors être dirigés vers un médecin dans une clinique de sans rendez-vous.

«L'acte de prolonger est plaisant pour le patient, mais il me complique la vie lorsque je dois demander un suivi.» Pour simplifier ce suivi, il désire faire une entente avec une clinique à proximité pour déléguer certaines tâches. «Je pense qu'on va y aller à petits pas», dit-il.

«On privilégie la communication avec le médecin. Des fois, si une ordonnance est sur le point d'être échue, on communique avec le médecin avant.» Le problème, soulève-t-il, est surtout pour les patients orphelins.

École de la vie

Le pharmacien Alexandre Ung a terminé son cours en 2012, mais son expérience du milieu de la pharmacie date de bien avant.

«J'ai débuté comme commis», raconte-t-il, «par la suite, j'ai transité au laboratoire, quand il avait besoin d'aide.» C'est là qu'il a su ce qu'il voulait faire. Dès son entrée au Cégep, son chemin était tracé. Aujourd'hui, il est propriétaire de deux pharmacies Uniprix, l'une à Lac Saint-Charles, et l'autre sur le boulevard Louis XIV.

Pratiquer la pharmacie en pratique privée exige souvent d'être aussi entrepreneur. Si M. Ung a suivi un cours à l'université sur la gestion d'entreprises, il a beaucoup appris «sur le tas». «Une entreprise est à l'image de son gestionnaire», dit-il, «une gestion nerveuse, chancelante, ça va se répercuter dans les opérations et sur les employés.»

C'est maintenant lui qui juge le potentiel de ses employés. Parfois, quand un commis démontre certaines qualités, il l'invite derrière le comptoir, dans le laboratoire.

«Il faut avoir une vivacité d'esprit, savoir conjuguer plusieurs choses en même temps. Si on n'a pas cette aptitude-là, on ne sera pas en mesure d'être efficace. Il faut aussi savoir percevoir les émotions et la souffrance», croit-il. «On n'est pas des robots.»

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