Une vie sur les pentes

Claire Labossière (troisième sur la photo) faisait partie... (Archives Mont-Sainte-Anne)

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Claire Labossière (troisième sur la photo) faisait partie de l'équipe nationale en 1959.

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Zone Mont-Sainte-Anne
Zone Mont-Sainte-Anne

Une grande montagne emblématique. Connue dans tout l'est du Canada et de la côte américaine. C'est le Mont-Sainte-Anne, une fierté de la Côte-de-Beaupré qui célèbre cette année les 50 ans d'exploitation de son potentiel skiable. »

<p>Gabrielle Thibault-Delorme</p>
Gabrielle Thibault-Delorme

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Son nom prédisait-il son avenir sur les pentes? Depuis l'âge de deux ans, Claire Labossière dévale les pistes enneigées. Cette année, elle célébrera ses 50 ans à l'emploi du Mont-Sainte-Anne, où elle travaille depuis l'ouverture en 1966.

Claire Labossière en uniforme... (Archives Mont-Sainte-Anne) - image 1.0

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Claire Labossière en uniforme

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Au fil des ans, elle a vu la station grandir, changer de mains, se perfectionner. Pour nous pardonner une expression connue, elle a vu neiger.

C'est probablement pour cette raison que la saison tardive ne semblait pas l'inquiéter outre mesure. «En 1981, se rappelle-t-elle, on a ouvert la montagne en février. Il pleuvait des clous, et le lendemain, il faisait - 30 degrés. C'était comme des patinoires. C'est suite à cela que la SEPAQ a décidé de commencer l'enneigement artificiel [en 1983].»

Claire Labossière a commencé sa carrière au Mont avec l'École de ski. «J'étais sur l'équipe nationale [depuis 1959] et suite aux Jeux olympiques de Squaw Valley en 1960, où je m'étais fracturé la cheville, j'ai été approchée pour l'école de ski» par le tout premier directeur, Giovanni Gerometta. «Il a été un pionnier à la montagne», raconte-t-elle. C'était en 1966.

«À ce moment-là, les athlètes étaient moins bien encadrés qu'aujourd'hui. On n'avait aucune aide du gouvernement.» Gaby Pleau, qui dirigeait l'école de ski au Mont-Saint-Castin et le journaliste Guy Lemieux avaient organisé une souscription pour lui permettre de rester dans l'équipe nationale. Après mûre réflexion, elle a choisi d'accepter le poste au Mont-Sainte-Anne.

«À un moment donné, je me disais que peut-être que j'aurais pu continuer un autre quatre ans. J'étais jeune, j'avais 16 ans. Mais quand je regarde en arrière, je suis vraiment heureuse de ce qui s'est fait ici, tant pour le ski que pour moi-même.»

Elle a enseigné pendant 13 ans. On lui a, par la suite, offert un poste de responsable des préposés à l'accueil. À ses tâches, en 2001, s'est ajoutée la direction des opérations et des remontées. Aujourd'hui, elle a plus de 60 employés à sa charge. «J'ai une belle équipe. C'est une grande famille, l'industrie du ski. C'est pour cela que je suis encore ici.»

Depuis 50 ans, la montagne s'est transformée, de même que la pratique du ski. «L'équipement a évolué beaucoup. Probablement que je ne me serais pas fracturé la cheville si j'avais eu l'équipement d'aujourd'hui.» Les skis en bois de plus de deux mètres ont raccourci.

La planche à neige a gagné en popularité. La montagne fut la première de la région à offrir la plupart de ses pentes aux planchistes en 1994. Quand les skis paraboliques sont arrivés, le ski a repris des adeptes. «Je connais plusieurs planchistes qui sont revenus au ski.»

L'équipement de remontée s'est aussi grandement amélioré. Les skieurs d'aujourd'hui ne s'accrochent plus à des cordes, mais s'installent à bord des gondoles et des chaises qui les transportent au sommet en six minutes.

Certaines choses ne changent pas. Le secteur expert constitue l'attrait principal du Mont, croit Mme Labossière, et ce, depuis les débuts en 1966. «Depuis, on a élargi les pistes, on a ajouté des sous-bois. Mais le secteur expert était là dès l'ouverture.»

Avec l'ouverture du secteur nord, la montagne est devenue accessible à tout le monde, se réjouit-elle. Aujourd'hui, avec 71 pistes, la station en offre pour tous les goûts.

À 73 ans, Claire Labossière respire la santé. Elle pratique encore le ski cinq fois par semaine. Quand on lui demande de prédire l'avenir, elle ne s'en soucie pas. «Un jour à la fois.»

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