Culturellement parlant, Lévis a probablement souffert longtemps d'être dans l'ombre de Québec. Il y avait bien la belle, mais petite, salle de L'Anglicane et le Cégep de Lévis-Lauzon, qui peut aussi accueillir des spectacles, mais pas de véritable grande salle en mesure de présenter des spectacles d'envergure. Cette réalité a contribué à enraciner la perception que tout se passe à Québec.
«Il y a encore beaucoup à faire en termes culturels à Lévis», convient Mme Blanchette, dont l'organisme qu'elle dirige anime L'Anglicane et la Galerie Louise-Carrier. «On pense encore que tout est de l'autre côté. Sortir, pour un Lévisien, c'est encore traverser le pont.»
Pratique à lévis
Malgré toutes les qualités du duo L'Anglicane et Galerie Louise-Carrier, Diane Blanchette croit que Lévis a besoin de plus. «Ici, nous avons une galerie formidable et une salle de spectacles connue et reconnue, mais ce n'est pas un endroit structurant, où tout le milieu culturel se regroupe. Présentement, on ne reste pas à Lévis pour pratiquer son art.»
Le grand rêve de Diane Blanchette est justement un endroit qui agirait comme un catalyseur dans le milieu artistique lévisien. «Quelque chose comme un centre culturel multifonctionnel où les organismes s'installeraient et auraient accès à un lieu de diffusion», explique-t-elle.
L'amphithéâtre projeté près du Centre de congrès et d'expositions ne suffirait-il pas? «Il nous en faut une, grande salle de spectacles, mais ce n'est pas suffisant, plaide Mme Blanchette. Lévis a besoin d'un centre culturel structurant! On se leurrait de n'avoir que cette grande salle. J'ai l'impression qu'il faut aider le milieu à se développer et, surtout, à rester ici. On souhaite davantage de rétention, mais pour ça, il faut donner des raisons aux artistes de rester ici.»
La vision de Mme Blanchette prend la forme d'un centre novateur, singulier, doté d'un équipement complet. «Il n'y a pas de centre d'expositions à Lévis. Nous avons plusieurs galeries, mais rien de suffisant en termes de sécurité et de préservation pour recevoir des oeuvres majeures, note-t-elle. Il y aurait aussi des salles de répétition, des ateliers, des bureaux. Peut-être un peu comme le centre Alcoa à Baie-Comeau...»