Louis Garneau: le parcours d'un combattant

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William Garneau, en compagnie de son père Louis, occupe aujourd'hui un poste de direction dans l'entreprise familiale.

Le Soleil, Yan Doublet

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L'économie de la région métropolitaine de Québec a beaucoup changé ces dernières années. L'innovation, l'économie du savoir, la recherche et les nouvelles technologies ont permis un grand virage salutaire. »

«Nous sommes des survivants de la nouvelle économie. Une espèce de bibitte rare!»

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Louis Garneau en 1988, avec l'un de ses vêtements

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L'usine de fabrication de vêtements de Louis Garneau... (Archives Le Soleil) - image 1.1

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L'usine de fabrication de vêtements de Louis Garneau

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Quand, en compagnie de sa femme Monique Arsenault, il a démarré sa compagnie de fabrication de vêtements dans le garage de son père - il y a de ça exactement 30 ans cette année -, Louis Garneau envoyait des télégrammes en Italie pour s'assurer que les produits qu'il commandait là-bas étaient bel et bien en route vers le Québec.

«Puis, il y a eu l'arrivée du fax. Ç'a été une révolution!»

Une autre «révolution» a marqué, en janvier dernier, l'entreprise qui possède des usines au Québec, aux États-Unis ainsi qu'au Mexique et qui vend ses produits dans une quarantaine de pays. William, le fils aîné de Louis Garneau, a accédé à un poste de direction au sein de la compagnie qui fait travailler 425 personnes, dont 225 à Saint-Augustin-de-Desmaures. L'an prochain, ce sera au tour d'Édouard qui fait ses classes présentement aux États-Unis.

La leçon du paternel

S'il y a une leçon que le paternel entend inculquer à sa descendance, c'est l'obligation en affaires, et plus particulièrement dans l'industrie manufacturière, de se réinventer chaque jour.

«Notre capacité d'adaptation nous a permis de passer à travers les pires tempêtes. Quand je regarde autour de moi et observe toutes les fermetures d'entreprises de fabrication, je constate que Louis Garneau est un survivant d'une industrie qui est condamnée», raconte-t-il en entrevue au Soleil.

«Je suis à la merci du vieillissement de ma main-d'oeuvre manufacturière dont la moyenne d'âge à Saint-Augustin et à notre usine aux États-Unis est de 54 ans. C'est elle qui va me laisser tomber à un moment donné, car de la relève, il n'y en a pas.»

Louis Garneau se félicite, aujourd'hui, d'avoir transféré, il y a quelques années, une partie de sa production de masse en Asie, puis au Mexique. Dans ce pays, la moyenne d'âge des employés de Louis Garneau est de 32 ans. «Si je n'avais pas pris la décision de recourir à la sous-traitance, comme l'avaient fait tous mes compétiteurs, nous ne serions plus en affaires.»

L'entrepreneur l'avoue : les coûts de production sont plus élevés à Saint-Augustin qu'ailleurs dans son organisation. Il n'a pas l'intention de lancer la serviette et de transférer toute la production ailleurs.

«Il faut avoir la sagesse d'identifier ce que nous, à Québec, pouvons mieux faire que quiconque dans le monde. Ici, nous conservons jalousement toutes les opérations de R&D ainsi que la production de petites séries de produits spécialisés destinés, par exemple, aux coureurs du Tour de France», explique Louis Garneau en signant que le nombre d'employés à Saint-Augustin n'avait guère bougé au fil des ans. «Il y a moins de personnel d'usine, mais plus de designers et d'ingénieurs.»

«Purs et durs du cyclisme»

Lorsqu'il pose un regard sur le parcours du combattant de l'entreprise qu'il a mise au monde avec 6000 $ d'argent personnel et un prêt de 25 000 $, Louis Garneau parle d'une complète transformation.

«Nous nous sommes recentrés. Nous avons abandonné des lignes de produits, comme les maillots de bain ou les vêtements pour enfants. Nous en avons mis d'autres sur le marché. Nous sommes en train de revenir à ce que nous étions au départ : une entreprise de fabrication de produits cyclistes. On redevient des purs et durs du cyclisme! Une compagnie moins diversifiée, plus spécialisée.»

«Ce qui a sauvé Louis Garneau, c'est notre éternelle quête d'innovation», affirme le cycliste olympique devenu entrepreneur.

L'entreprise en fait encore la preuve, récemment, en s'associant avec un autre fleuron du secteur de la fabrication à Québec, Biscuits Leclerc, pour la commercialisation d'une nouvelle barre énergétique, LG1, destinée aux athlètes.

L'action Crocs a terminé vendredi à 13,33 dollars... (Photothèque Le Soleil) - image 2.0

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L'action Crocs a terminé vendredi à 13,33 dollars sur le Nasdaq où elle est cotée. La société, fondée en 1999 à Niwot (Colorado), était ainsi valorisée 1,2 milliard de dollars.

Photothèque Le Soleil

Temps durs pour les entreprises de fabrication

Les signes que le secteur manufacturier est en perte de vitesse dans la région de Québec ne mentent pas.

Qu'il suffise de penser à la cessation des activités du fabricant de sandales Crocs à Québec, de la papetière AbitibiBowater à Beaupré et à Donnacona et des usines de Vêtements RGR dans la Beauce.

Comment ne pas passer sous silence les épreuves encaissées par les travailleurs de l'usine Stadacona de Papiers White Birch et du chantier naval Davie à Lévis?

Le bilan chiffré de la décennie 2002-2012 préparé par Québec International en dit long sur le calvaire vécu par le secteur de la fabrication qui a été frappé d'aplomb par l'appréciation du huard, par l'ouverture plus grande des frontières aux produits étrangers et par la crise financière de 2009.

Repli de 7 % entre 2002 et 2012

Le PIB de l'industrie manufacturière régionale a enregistré un repli de 7 % entre 2002 et 2012 comparativement à une hausse de 93 % obtenue au cours de la décennie précédente.

Le contexte d'incertitude qui a caractérisé la période 2002-2012 s'est traduit par une hausse «modérée» de 20 % de la valeur des permis de bâtir dans une industrie au sein de laquelle l'heure était davantage à panser ses plaies qu'à caresser des projets d'expansion.

Une performance qui se situait à des années-lumière de celle de la décennie précédente alors que la valeur des permis de bâtir dans le secteur manufacturier avait explosé de 315 %.

Le pdg de Québec International, Carl Viel, fait cependant remarquer que la situation n'est pas apocalyptique et que plusieurs entreprises avaient profité du ralentissement pour innover, notamment en renforçant leurs liens avec les centres de recherche, et pour explorer de nouveaux marchés.

«C'est le cas de plusieurs entreprises oeuvrant dans la fabrication de matériel de transport, de produits alimentaires, pharmaceutiques, métalliques, composites et électroniques. Le développement de ces secteurs innovants a contribué à modérer le repli de l'industrie dans la région, ce qui a permis de rattraper la situation pour revenir progressivement vers le niveau d'activité qui prévalait en 2002.»

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