Sécurité dans les ports: ne jamais relâcher la surveillance

Les règles de sécurité étaient beaucoup plus permissives... (Collaboration spéciale, Gilles Gagné)

Agrandir

Les règles de sécurité étaient beaucoup plus permissives dans un passé pas si lointain.

Collaboration spéciale, Gilles Gagné

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

ZONE Journée maritime
ZONE Journée maritime

Sous le thème «Transporter en toute sécurité», les représentants de l'industrie maritime du Québec se réunissent aujourd'hui à l'Assemblée nationale pour se pencher sur la situation. Les six quotidiens du Groupe Capitales Médias, dont Le Soleil, font le point. »

<p>Gilles Gagné</p>
Gilles Gagné

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Gaspé) «Il y a eu un temps où les navires étaient chargés avec des jeunes qui couraient autour, sur le quai, avec des pêcheurs à la ligne juste à côté et des conducteurs de lifts qui disaient aux enfants de s'enlever de là.»

Shawn Grant, maître du port et agent de sûreté du port de Sept-Îles, évoque ainsi les scènes communes aux quais commerciaux d'un passé pas si lointain, où les règles étaient bien plus permissives qu'aujourd'hui. L'encadrement du passé était souvent balisé par le bon sens public.

Ce passé pas si lointain n'était pas toujours dépourvu de contrôle, mais il était plus aléatoire, dans l'espace, les ports n'ayant pas tous adopté de procédure, et dans la méthode, différente d'un port à l'autre.

«Dans le passé, il y avait une barrière automatique. On donnait des cartes d'accès, mais l'identité n'était pas vérifiée», dit M. Grant pour Sept-Îles.

«Aujourd'hui, il y a des clôtures faisant le tour des quais où un navire international est chargé ou déchargé. Il y a une guérite où tout le monde ayant accès au navire est contrôlé, avec une carte d'identité incluant une photo», signale M. Grant. Les véhicules sont aussi vérifiés «et il y a contrôle de bagages dans le cas des passagers [de paquebots]», parfois une fouille.

Les règles d'aujourd'hui découlent des tragédies, pourtant aériennes, du 11 septembre 2001 aux États-Unis. Le resserrement des contrôles a d'abord frappé les aéroports, puis les ports, pour aboutir en 2004 sur la norme ISPS, pour International Ship and Port Facility Security Code.

«Il fallait s'assurer que tout le monde ait les normes standard, pour ne pas être le maillon faible», note Shawn Grant.

Ce ne sont pas les marchandises chargées ou déchargées à Sept-Îles, surtout du minerai de fer, de l'alumine et du coke de pétrole, qui inquiètent, mais la possibilité d'un relâchement de surveillance pour embarquer «des explosifs, des engins incendiaires, des armes ou autres», ajoute le maître du port.

Johanne Lapointe, directrice de Terminaux portuaires du Québec, firme chargeant et déchargeant des navires à Sept-Îles et dans des ports moins occupés comme Baie-Comeau, Gros-Cacouna, Matane et Gaspé, dit qu'en l'absence de vérifications, «le navire se verra interdire l'accès dans les eaux américaines».

Formation sur la sûreté

Louis Paquet, chargé de la conformité réglementaire à Terminaux portuaires du Québec, note que tous les employés accédant à une zone de chargement, comme les débardeurs, ont reçu une formation de trois jours, parfois plus, sur la sûreté.

«Les gens qui viennent livrer l'épicerie ou le carburant viennent dans nos zones. Ça demande une coordination. On accompagne les gens qui vont visiter le navire, pour une raison ou une autre», dit M. Paquet.

Au Québec, il y a des ports privés et municipaux, un autre appartenant à l'État québécois, des administrations portuaires autonomes, comme Montréal, Québec et Sept-Îles, membres de Ports Canada, et des quais de Transports Canada, comme Cacouna, Baie-Comeau, Matane et Gaspé. «Ça ne change pas la réglementation, peu importe le modèle de propriété. Tout le monde se conforme aux mêmes règlements», dit Johanne Lapointe.

***

Le pilotage, nos yeux sur le Saint-Laurent

Chaque navire étranger de plus de 35 mètres, et bien des navires canadiens de plus de 80 mètres et 3300 tonneaux, doivent recourir à un pilote dès qu'ils remontent le fleuve Saint-Laurent au-delà des Escoumins. C'est l'un des fleuves les plus difficiles à naviguer du monde, dit Simon Mercier, président de la Corporation des pilotes du Bas-Saint-Laurent.

«Il y a d'autres fleuves difficiles à naviguer dans le monde mais il y a très peu de fleuves soumis à une journée sur deux de brume pendant une saison, à une autre saison de glaces, à quatre saisons de masses d'eau qui se chicanent pour former de forts clapots et des barres de courant qui peuvent faire changer de direction des navires assez imposants, à des chenaux relativement étroits pour ne pas provoquer de dragage inutile», énumère M. Mercier.

Sa corporation de pilotes se charge de mener les navires entre Les Escoumins et Québec puis, comme c'est le cas pour Pointe-au-Pic, vers des points intermédiaires. Les pilotes font bien sûr le trajet inverse, et d'autres corporations de pilotes mènent les navires en amont de Québec.

Simon Mercier note que la taille des navires s'accroît, mais les moyens technologiques suivent. «Les instruments donnent notre position à 10 centimètres près en temps réel, et le niveau d'eau sous la coque aux trois minutes [...] On fait monter [sur le fleuve] des navires beaucoup plus creux [plus grand tirant d'eau] avec la même marge de sécurité.»

Les pilotes jouent un rôle primordial dans l'identification des navires à risque d'accident, les «minounes de la mer» ou «navires-poubelles», un phénomène qui s'est raréfié au fil des ans.

«On n'en voit presque plus. Ils [les armateurs étrangers] savent qu'au Canada, si tu as oublié de déclarer une défaillance, ils vont être dans le trouble longtemps. Les autorités ne donnent pas nécessairement d'amende. Les navires sont collés à quai trois jours, et ils doivent réparer», dit-il.

Un navire marchand arrêté coûte autour de 50 000 $ par jour, parfois plus, sans rapporter. C'est tout un élément dissuasif.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer