Industrie maritime: des attentes diverses

Un remorqueur d'Océan... (Photo fournie par les Armateurs du Saint-Laurent)

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Un remorqueur d'Océan

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«Révolution maritime». Ces mots sont ceux du ministre Jean D'Amour, qui prépare la stratégie maritime du Québec. Le sujet sera débattu le 28 octobre, lJournée maritime 2014, qui réunira à Québec des représentants du secteur maritime, des élus locaux et régionaux et différents acteurs du milieu. Le Soleil rapporte les attentes de l'industrie et une entrevue avec le ministre. »

Raphaëlle Plante
Le Soleil

(Québec) Quelles sont les attentes des représentants de l'industrie maritime quant à la stratégie maritime du gouvernement libéral? Le Soleil a posé la question à différents acteurs du milieu qui, bien que leurs priorités diffèrent sur certains points, ont tous à coeur le développement et la pérennité d'une économie liée directement au fleuve Saint-Laurent.

Océan

Pour Océan, qui se spécialise notamment dans les services de transport maritime, de dragage, de remorquage, de réparation navale ou encore de location d'équipements, trois axes d'intervention faisant partie de la stratégie maritime retiennent l'attention. Il y a tout d'abord la relance du cabotage au Québec, c'est-à-dire le transport de marchandises ou de personnes par bateau à partir ou à destination d'au moins un port de la province.

Également, le soutien des chantiers maritimes québécois par l'instauration d'une déduction fiscale visant à encourager la modernisation de la flotte et la construction de nouveaux navires apparaît comme «un bon départ», selon Philippe Filion, responsable des affaires publiques chez Océan. Toutefois, «il va falloir que ce soit plus intéressant. Ça prend des incitatifs forts pour encourager la construction et la réparation de navires ici, alors que ça coûte moins cher d'aller les faire réparer à l'étranger...» signale M. Filion.

Aussi, la volonté de s'attaquer au manque de main-d'oeuvre qualifiée sourit à Océan. «La main-d'oeuvre est vieillissante, la relève n'est pas toujours là. Qu'on pense à des techniciens en architecture navale, à des soudeurs qualifiés pour le monde maritime, à des capitaines de navires...» Philippe Filion mentionne que chez Océan, «on est curieux des mesures concrètes» qui seront proposées par le gouvernement provincial, mais il rappelle que celles-ci «devront s'arrimer sur celles du gouvernement fédéral».

Océan, qui opère dans quatre provinces canadiennes, compte quelque 750 employés, dont 400 à son siège social de Québec.

Davie

À la Davie, on se réjouit avant tout de la volonté du gouvernement libéral de soutenir les chantiers maritimes. «On sent un haut niveau d'engagement [de la part du gouvernement]. Ce ne sont pas juste des mots», croit Alex Vicefield, pdg d'Inocea Group, la société mère de Davie. Cependant, il se dit conscient que cela prendra du temps pour que ces mesures se concrétisent.

M. Vicefield indique qu'en plus de la modernisation et de la réparation de navires existants, il y a un «potentiel» chez Davie pour la construction de nouveaux navires, notamment des traversiers et des bateaux transportant du gaz naturel - qui gagne en importance par rapport au pétrole, note-t-il.

Le chantier maritime Davie, à Lévis, a construit plus de 700 navires et appareils de forage en près de 190 ans d'existence.

Institut maritime du Québec

Fort de ses 70 années d'existence, l'Institut maritime du Québec est un partenaire essentiel de l'insdustrie maritime depuis sa création. Basée à Rimouski, l'école a pour mission de répondre aux besoins nationaux de l'industrie en formant des travailleurs qualifiés. Pour répondre au manque de main-d'oeuvre, l'Institut espère du gouvernement qu'il lui donne les moyens de faire davantage de promotion autour des programmes en difficulté de recrutement, signale le directeur intérimaire, Daniel Dion. «Il y a des professions qui ne sont pas connues du public, comme technicien en architecture navale ou logisticien des transports», indique M. Dion. Le recrutement passe par une bonne publicité, une promotion et une valorisation de la carrière, plaide M. Dion.

Le soutien attendu concerne aussi le développement des programmes de formations initiale (à Rimouski), continue et à distance. À Lévis, le principal centre de formation continue de l'Institut maritime est déjà opérationnel, mais il faut agrandir et diversifier les programmes offerts, en concertation avec le milieu maritime, souligne Daniel Dion.

Énergie Valero

«Chez Valero, on est beaucoup en mode écoute par rapport à ce que le gouvernement veut faire», indique d'entrée de jeu Julie Cusson, directrice des affaires publiques et gouvernementales pour l'entreprise qui opère la raffinerie Jean-Gaulin à Lévis. Le transport maritime est «très important» pour Énergie Valero, puisque 80 % de son approvisionnement en pétrole brut transite par bateau. «On continue de promouvoir le développement de la voie maritime», ajoute Mme Cusson, soulignant que Valero est depuis quelques mois en coentreprise avec le Groupe Desgagnés afin de se doter de deux pétroliers de type Panamax. Ceux-ci, plus petits que les bateaux généralement utilisés par Valero, transporteront quelque 350 000 barils de pétrole de ses installations de Montréal-Est à sa raffinerie de Lévis, signale Mme Cusson.

Aluminerie Alouette

Implantée à Sept-Îles depuis 1989, l'aluminerie Alouette expédie environ 80 % de sa production d'aluminium par bateau, le reste transitant par train ou par camion. Si la totalité de l'aluminium acheminé en Europe transite par la mer, il en est autrement pour l'Amérique du Nord, où environ 60 % du volume expédié emprunte la voie maritime. «On aimerait développer davantage le transport par bateau», signale le directeur des approvisionnements, Dominique Lapointe. D'ailleurs, un nouveau centre logistique a été inauguré chez Alouette fin août «pour augmenter l'efficacité du chargement» à bord des navires, indique M. Lapointe. Il souligne toutefois qu'il y a du travail à faire pour ce qui est d'acheminer de l'équipement, comme des pièces de rechange, par cargo général vers l'aluminerie. «Il faut avoir plus de flexibilité [...] Il faut miser sur des pôles logistiques le long du Saint-Laurent, des zones de transit pour le matériel, un lien maritime en continu. Ça prend des services en continu, compétitifs et efficaces en temps de livraison pour compétitionner le transport par camion», fait valoir M. Lapointe.

SODES

La Société de développement économique du Saint-Laurent (SODES) a mis à jour en 2013 une étude sur le corridor de commerce du Saint-Laurent et des Grands Lacs qui a abouti à l'élaboration d'une quarantaine de recommandations à l'attention des gouvernements fédéral et provincial. De ce nombre, six recommandations principales ont été formulées par la SODES, «des priorités qui ratissent très large et font consensus dans l'industrie maritime», soutient Nicole Trépanier, présidente de l'organisme qui compte plus de 70 membres. Ces priorités sont :

» Remplacer les infrastructures vieillissantes et investir 400 millions $ afin de combler les besoins en entretien pour les 10 prochaines années.

» Améliorer et agrandir les installations de vrac sur le Saint- Laurent et le Saguenay.

» Améliorer les interfaces entre les ports et les réseaux terrestres afin de réduire la congestion dans les principaux centres urbains.

» Profiter du potentiel offert par le corridor pour le transport du gaz naturel liquéfié et des hydrocarbures de l'Ouest canadien vers les centres de raffinage et les marchés d'exportation.

» Renforcer la position de Montréal comme plaque tournante du transport international de conteneurs.

» Améliorer l'utilisation du chenal de navigation ainsi que l'accès portuaire par le dragage en vue de permettre la venue de plus gros navires dans le corridor.

Les ports en chiffres

  • Le réseau portuaire du Québec manutentionne en moyenne 110 millions de tonnes de marchandises par année.
  •  Les trois quarts des marchandises transbordées dans les ports du Saint-Laurent sont des marchandises internationales.
  • Avec près de 30 millions de tonnes transbordées annuellement, le minerai de fer est le principal produit exporté à partir des ports du Saint-Laurent.
  • Principales marchandises transbordées dans les ports : minerais, produits agricoles et alimentaires, produits forestiers, carburants et produits chimiques, biens manufacturés, machinerie et équipement lourds.
  • Un réseau de 20 ports sur l'ensemble du territoire du Québec
  • Tonnage transbordé annuellement dans les ports du Québec (milliers de tonnes) : 109 835
  • Québec/Lévis : deuxième port en importance, avec 22 277,6 milliers de tonnes
  • 2,3 milliards $ : apport de l'industrie maritime au produit intérieur brut (PIB) québécois
  • Plus de 600 millions $ en revenus fiscaux pour les gouvernements du Canada et du Québec
  • 3700 km de l'océan Atlantique jusqu'à la tête du lac Supérieur (réseau Grands Lacs-Voie maritime du Saint-Laurent)
  • Près de 80 % de la population québécoise vit à proximité du fleuve.
  • Plus de 5000 navires circulent sur le Saint-Laurent chaque année.
  • Un seul navire de taille moyenne, comme ceux qui utilisent les écluses de la voie maritime du Saint-Laurent, peut transporter autant de marchandises que 870 camions, ou 225 wagons de chemin de fer.
  • Près de 120 000 passagers et membres d'équipage des navires de croisières internationales génèrent environ 36 millions $ de retombées économiques chaque année au Québec.
  • Avec 1600 emplois créés au Québec, les croisières-excursions contribuent au développement touristique des régions.

    Source : Société de développement économique du Saint-Laurent  (L'industrie maritime : un atout essentiel au développement du Québec; Étude de l'impact économique de l'industrie maritime au Québec, 2012)

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