Michaëlle Jean vise une francophonie des solutions

Michaëlle Jean a été élue secrétaire générale lors... (Cyril Bailleul)

Agrandir

Michaëlle Jean a été élue secrétaire générale lors du XVe Sommet de la Francophonie, à Dakar, et a pris ses fonctions en janvier 2015.

Cyril Bailleul

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Josianne Desloges
Josianne Desloges

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) À l'occasion de la semaine de la langue française et de la Francophonie, qui se tiendra du 12 au 20 mars, la secrétaire générale de la Francophonie, Michaëlle Jean, nous fait son état des lieux.

Nous avons attrapé Michaëlle Jean sur le tarmac alors qu'elle s'apprêtait à s'envoler vers Le Caire pour les funérailles de Boutros Boutros-Ghali, qui fut le premier secrétaire général de la Francophonie.

Troisième en lice et première femme à occuper cette fonction, Mme Jean était visiblement émue, mais tout de même disposée à nous livrer un compte rendu des actions en cours et à venir de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF). «Ça me permet de voir tous les chantiers que Boutros Boutros-Ghali a su ouvrir et sur lesquels nous travaillons toujours aujourd'hui», a-t-elle commenté. Quelques jours plus tard, dans une déclaration officielle, elle a rappelé cette phrase inspirante de l'Égyptien : «La Francophonie sera subversive et imaginative ou ne sera pas.»

Succédant à l'ancien président du Sénégal, Abdou Diouf, Michaëlle Jean a été élue lors du XVe Sommet de la Francophonie, à Dakar, et a pris ses fonctions en janvier 2015.

Au coeur du plan d'action de l'OIF se trouve une stratégie économique axée sur le développement durable. «Puisqu'il faut que toutes les conditions soient réunies pour que nous puissions mettre en oeuvre cette stratégie économique, ça force [l'OIF] à avancer sur toutes ses priorités, parce que tout est dans tout», explique Mme Jean.

Contribuer au renforcement de la démocratie permet, par exemple, de favoriser le développement économique. «Réussir le défi d'une élection bien menée, fiable, crédible, dans un climat apaisé, ça installe un climat de confiance pour les investisseurs», donne en exemple la secrétaire générale.

En 2016, pas moins de 14 pays africains francophones seront en élections. «Nos équipes sont déjà à pied d'oeuvre, on était déjà sur quatre ou cinq élections en 2015, on a appuyé tout le processus de sortie de crise de la République centre-africaine. Ça nous a permis de désamorcer des situations qui auraient pu être vraiment catastrophiques. Ça a été tout un travail.»

L'OIF a également lancé un programme qui consiste à soutenir les TPE (très petites entreprises) et les PME (petites et moyennes entreprises) en Afrique subsaharienne francophone. «Ça aide à donner des possibilités à tous de pouvoir travailler dans leur pays, plutôt que de se retrouver exposés à des expéditions extrêmement dangereuses», indique Mme Jean en faisant référence à la crise migratoire.

Cette mesure contribue aussi à désamorcer des situations d'insécurité. «Quand on a une masse de jeunes sans travail et en état de désespérance, ça devient un terreau très fertile pour embrigader», note la secrétaire générale.

«On n'a pas à réinventer la roue. Quand on décide de démarrer des incubateurs, on a pris déjà la pleine mesure de ce que ça produit comme résultat», note Mme Jean. Ce type d'accélérateurs de petites entreprises existe au Québec - «C'est par ce genre de dispositifs là que le Québec a en grande partie développé ses régions» -, mais aussi à Québec, sous l'appellation Le Camp, dans un local du boulevard Charest en face du campus de l'Université du Québec.

À l'écoute des peuples

Michaëlle Jean prône une Francophonie des solutions, où les bonnes expériences sont partagées dans l'espace francophone et créent des occasions d'échanges. L'OIF travaille en collaboration avec l'Union européenne, les Nations Unies et l'Union africaine, mais veut également être à l'écoute des peuples.

«Je veux une Francophonie de proximité. Partout où je vais, je prends le temps de rassembler les acteurs économiques, les groupes de femmes, les jeunes. Les solutions ne viennent pas seulement des décideurs politiques, mais aussi des citoyens. Rien ne me fait plus plaisir que de revenir vers les autorités et de leur dire : "Savez-vous ce qui se passe dans votre pays à tel niveau, à tel endroit?" et de leur faire connaître ce que les citoyens produisent. Ils le font avec tellement de courage et d'intelligence», indique la secrétaire générale, avant de sauter dans l'avion.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer